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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 22:30

Mieux comprendre les troubles cognitifs associés au cancer

Les personnes qui sont soumises à une chimiothérapie pour traiter un cancer présentent souvent des séquelles cognitives à la suite des traitements.

Selon une étude récente, ces problèmes cognitifs pourraient être la conséquence d’une hausse de plusieurs molécules inflammatoires qui compromettent le fonctionnement des neurones.

Environ le tiers des patients ­traités pour un cancer à l’aide de médicaments de chimiothérapie se plaignent de problèmes cognitifs à la suite de ces traitements.

Ces problèmes prennent généralement la forme de pertes de mémoire, de difficultés d’attention et de concentration, d’une incapacité à réaliser plusieurs tâches simultanément ainsi que de modifications ­marquées de l’humeur.

Ces troubles cognitifs associés au cancer (TCAC), communément appelés «cerveau chimio» (chemobrain), sont particulièrement ­fréquents chez les survivantes du cancer du sein et peuvent entraîner de graves répercussions sur la qualité de vie de ces personnes.

Avec l’amélioration constante des traitements du cancer et l’augmentation significative du nombre de personnes qui survivent à cette maladie, les TCAC représentent donc un effet secondaire sérieux du traitement du cancer. Inflammation cérébrale

On soupçonne depuis plusieurs années que les traitements anticancéreux provoquent la relâche de molécules inflammatoires (cyto­kines) qui pourraient attein­dre le cerveau et altérer sa structure et son fonctionnement.

Le stress ­oxydatif associé à la présence de ces cytokines peut alors créer une ­inflammation locale, notam­ment au niveau de la région de l’hippocampe, où est localisée une forte concentration de récepteurs des ­cytokines.

Comme l’hippocampe joue un rôle-clé dans la mémoire, cette inflammation pourrait donc contribuer aux symptômes ­cliniques des TCAC, notamment les trous de mémoire et la perte ­d’attention.

Pour explorer cette possibilité, une équipe de scientifiques de ­Singapour a recruté 99 patientes atteintes d’un cancer du sein (stades I à III) et a mesuré leurs taux sanguins de plusieurs ­cytokines inflammatoires avant et après une chimiothérapie de 12 semaines.

Ils ont observé que des taux élevés d’interleukine-1 (IL-1) et de IL-6 étaient associés à une mauvaise performance lors de ­certains tests neuropsychologiques, ainsi qu’à la gravité des problèmes cognitifs, tels que ­perçus par les participantes1.

D’autres études seront nécessaires pour mieux comprendre ce phénomène, mais il semble donc que les TCAC pourraient ­effectivement avoir une ­composante inflammatoire.

Réduire l’inflammation Même s’il n’y a pas d’interventions pharmacologiques disponibles pour traiter les TCAC, la participation de l’inflammation à ces dysfonctions cognitives suggère que certains aspects du mode de vie connus pour réduire l’inflammation pourraient s’avérer utiles.

Par exemple, plusieurs études ont montré que l’exercice physique régulier réduit la production de cytokines inflammatoires et que cette diminution pourrait diminuer les dommages aux ­structures céré­brales causés par l’inflammation.

Une alimentation de bonne qualité, riche en végétaux et dépourvue d’aliments ­industriels riches en sucre et en mauvais gras, exerce également un puissant effet anti-inflammatoire.

Ces modifications du mode de vie sont d’autant plus importantes qu’elles diminuent le risque de récidive du cancer et sont associées à une meilleure survie des patients.

Il est aussi extrêmement important de diagnostiquer le plus ­rapidement possible la présence de TCAC chez les patients pour diminuer l’impact négatif de ces ­problèmes sur leur qualité de vie.

En ce sens, on ne peut que saluer l’initiative de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont qui vient de ­lancer un projet pilote destiné à élaborer un test de dépistage pour évaluer si les patientes atteintes d’un cancer du sein sont touchées par les TCAC. 1• Cheung YT et coll.

Association of proinflammatory cytokines and chemotherapy-associated cognitive impairment in breast cancer patients: a multi-centered, prospective, cohort study. Ann Oncol, 2015; 26:1446-51.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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