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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 22:14

Métal très nocif pour la santé humaine, le mercure placé sous surveillance.

Par Marielle Court Mis à jour le 15/08/2017

Métal très nocif pour la santé humaine, le mercure placé sous surveillance

Des victimes de la pollution au mercure, en 2007 dans un centre spécialisé à Minamata, une ville du sud du Japon lourdement touchée.

La convention de Minamata entre en vigueur ce 16 août pour réguler l’usage de ce métal, très nocif pour la santé humaine.



Minamata.

Si le nom de cette ville du sud du Japon évoque l’une des terribles catastrophes sanitaires du siècle dernier, il est désormais associé à une convention internationale qui entre en vigueur ce 16 août 2017: la convention de Minamata contre le mercure.

Du début des années 1930 à la fin des années 1960, une entreprise de produits chimiques a déversé des déchets liquides dans la baie de la ville japonaise.

Des rejets contenant du méthyle mercure. Celui-ci s’est vite retrouvé concentré dans la chair des poissons, principale source alimentaire pour la population locale. Mais aussi pour les chats.

C’est le comportement suicidaire des félins qui a d’abord alerté, avant que l’on ne découvre que des milliers d’habitants tombaient malades.

Une convention signée par 128 pays

Le mercure ingéré provoque d’importants troubles du développement neurologique pour des bébés exposés in utero. Il est également nocif en cas d’inhalation ou d’ingestion pour les systèmes digestif et immunitaire, pour la vision, les poumons, les reins et peut provoquer tremblements, perte de mémoire, insomnies…

Mais il faudra attendre 2001 pour que la communauté internationale, via le Programme des Nations unies pour l’environnement, ne commence véritablement à s’en préoccuper et octobre 2013 pour que soit élaborée une convention.

Elle sera signée par 128 pays.

Elle mettra encore quatre ans à entrer en vigueur après sa ratification, en mai dernier, par plus de 50 pays (seuil de déclenchement).

Les dangers de l’orpaillage



Cette convention prévoit de réduire les rejets anthropiques (liés aux activités humaines) de mercure et de certains de ses composés liés à l’extraction, au stockage des déchets, aux procédés industriels…

Ces émissions s’ajoutent aux rejets naturels dans l’atmosphère (érosion des roches, émanation des sols, éruptions volcaniques…).

En Europe, les piles et thermomètres contenant du mercure ont été bannis en 2000. La prochaine étape concerne la suppression des amalgames dentaires, «qui représentent la principale utilisation du mercure subsistant dans l’Union », précise la Commission.

Cet usage est déjà interdit pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 15 ans.

L’objectif serait de les supprimer totalement en 2030.

Mais le mercure est très largement utilisé dans un autre domaine: l’orpaillage artisanal.

Beaucoup de pays sont concernés «dont la France, avec la Guyane», rappelle Philippe Thibault, chargé de programme écosystèmes terrestres au WWF en Guyane.

Dans le monde, «les activités aurifères artisanales représentent 37 % des quelque 4 500 tonnes de mercure qui sont émises chaque année par l’homme».

Depuis 2006, l’usage du mercure a disparu des activités d’orpaillage légales «mais si, légalement, la Guyane produit plus d’une tonne d’or par an, ce sont vraisemblablement six voire dix tonnes qui le sont illégalement, poursuit le spécialiste.

Et pour obtenir un kilo d’or, il faut environ 1,5 kg de mercure».

Ce métal empoisonne les rivières, les poissons et les Amérindiens qui s’en nourrissent

Un des défis est de convaincre les garimpeiros et leur entourage de la dangerosité de ce métal qui empoisonne les rivières, les poissons et les Amérindiens qui s’en nourrissent.

Un enjeu d’autant plus compliqué que la Guyane doit composer avec ses voisins que sont le Surinam et l’état d’Amapá (Brésil) avec qui nous partageons une immense frontière et qui n’ont pas les mêmes capacités d’action.

«Les cours de l’or sont élevés, rappelle Philippe Thibault, l’orpaillage illégal devient alors une opportunité pour toute personne en quête de richesse.»

Un projet transnational en cours de création porté par le WWF France vise à montrer qu’il est possible d’extraire de l’or sans mercure au Guyana ainsi qu’au Surinam.

Un système de traçabilité de l’or guyanais grâce à des méthodes physico-chimiques élaborées par l’ONG et le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) devrait aussi permettre d’établir une banque d’échantillons d’or extraits légalement.

La mise en œuvre de la convention de Minamata ne sera pas de trop, en France comme ailleurs dans le monde, pour aider à contenir ce fléau.

Métal très nocif pour la santé humaine, le mercure placé sous surveillance.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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