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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 06:44

Aux États-Unis, la consommation des opiacés a explosé au début des années 2000 avec l’assouplissement très marqué des règles de prescription médicale.

La France, pour sa part, vient de prendre des mesures de contrôle de la vente des dérivés morphiniques.

L’opium recèle mille trésors.

Ou mille poisons, c’est selon.

Ce latex, récolté par incision des boutons de pavot somnifère avant qu’ils n’atteignent leur maturité, contient de nombreuses molécules.

Ils ont des propriétés narcotiques (elles endorment), antalgiques (antidouleur) et antitussives (contre la toux) bien connues. À commencer par la célèbre morphine.

Il est possible, par des réactions chimiques, d’obtenir d’autres molécules opiacées, aussi appelées opioïdes, à partir de ces composés naturels.

L’acétylation de la morphine donne par exemple l’héroïne.

Cette dernière pénètre plus facilement dans le cerveau où elle se retransforme d’un coup en morphine, provoquant un afflux brutal de molécules.

C’est ce qui déclenche chez l’utilisateur ce «flash» orgasmique tant recherché.



L’industrie pharmaceutique produit quant à elle des dérivés morphiniques à partir de la thébaïne ou de la codéine (deux autres molécules issues du pavot): respectivement l’oxycodone (commercialisé sous les noms de Percocet ou OxyContin) et l’hydrocodone (le célèbre Vicodin qui rend accro le Dr House dans la série éponyme, ou le Norco).

Ces opiacés sont de puissants antidouleur «de palier 3», le niveau le plus élevé défini par l’Organisation mondiale de la santé.

Aux États-Unis, leur consommation a explosé au début des années 2000 avec l’assouplissement très marqué des règles de prescription (et un lobbying intense de l’industrie pharmaceutique).

«En France, ces molécules sont considérées comme des stupéfiants, au même titre que la morphine, car elles présentent un fort potentiel addictif , rappelle le Pr Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique à l’hôpital Lariboisière.

Elles ne sont prescrites que sur ordonnance sécurisée, pour une durée maximale de 28 jours et pour traiter des douleurs particulièrement intenses.»

La codéine, de palier 2, n’est elle plus en vente libre depuis cet été.

Quant au tramadol, l’opioïde de palier 2 qui a remplacé le di-antalvic, sa prescription et sa consommation sont très surveillées.

Risque de toxicomanie

Toutes ces molécules agissent sur les récepteurs opiacés présents dans le cerveau.

Outre leur action antalgique, elles perturbent les centres du plaisir, ce qui attise le besoin de récompense immédiate.

Qui est satisfait par la prise d’opiacés.

Un cercle vicieux qui ne s’arrête pas là puisque l’effet des médicaments s’estompe avec le temps (le corps s’adapte), ce qui pousse les patients à augmenter les doses.

Jusqu’à atteindre l’overdose. «Les récepteurs opioïdes jouent un rôle sur les voies de la vigilance et de la respiration, détaille Bruno Mégarbane.

Il y a un risque de perte de connaissance, puis d’arrêt respiratoire en cas de surdosage.»

Un médicament, la naloxone, permet désormais de soigner l’overdose.

Cette molécule se fixe en effet sur les mêmes récepteurs que les opioïdes, mais sans les activer.

Elle entre ainsi en compétition avec la drogue (ou le médicament) permettant de sauver le patient.

Rien à voir avec la méthadone ou la buprenorphine (plus connue sous le nom commercial de Subutex), deux opioïdes de substitution à l’héroïne.

Cela aurait pu sauver le chanteur Prince, décédé l’année dernière après une overdose de fentanyl, un opioïde entièrement synthétique, cent fois plus puissant que la morphine, principalement utilisé comme anesthésiant ou en réanimation en France, mais dont l’usage comme antalgique se démocratise aux États-Unis.

Et dont commencent à s’emparer les trafiquants.

«Nous recevons des jeunes qui font des overdoses de dérivés de fentanyl produits dans des labos clandestins», témoigne Bruno Mégarbane.

Médicaments dérivés de l'opium et risque de toxicomanie. Ampleur d'une épidémie venue des USA.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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