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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 21:38

Maladie du "foie gras humain", un marché d'avenir de l'industrie pharmaceutique

Le nombre de patients atteints de la NASH, surnommé la maladie du "foie gras humain", devrait exploser dans les années à venir.

Représentant un marché pharmaceutique de plus de 25 milliards de dollars d'ici à 2026.

C'est le prochain gâteau que les entreprises de l'industrie pharmaceutique lorgnent.

La NASH, plus connue sous le nom de maladie du "foie gras humain", pourrait bien devenir un marché colossal.

Encore faut-il qu'ils parviennent à trouver de nouveaux traitements à cette pathologie silencieuse liée à l'obésité.

Car le nombre de patients atteints de cette maladie devrait exploser dans les années à venir : en 2015, 30% de la population mondiale était déjà en surpoids, selon une étude publiée cette semaine dans le "New England Journal of Medecine".

De quoi alimenter un marché pharmaceutique de plus de 25 milliards de dollars d'ici à 2026 aux Etats-Unis, en Europe occidentale et au Japon, estime le cabinet d'études GlobalData, le tout porté par une croissance annuelle moyenne de 45%.

Une maladie qui se développe "Aux Etats-Unis, la première cause de transplantation hépatique est d'ores et déjà devenue la NASH", prévient Cécile Rabian, directrice médicale France du laboratoire Gilead.

Une accumulation anormale de graisses dans le foie peut déclencher le premier stade de la maladie, une inflammation chronique du foie, qui concernerait déjà 12% des Américains et 6% des Européens, selon des études épidémiologiques.

L'inflammation détruit à petit feu les cellules de cet organe, engendrant à terme un tissu cicatriciel, la fibrose.

Celle-ci peut elle-même dégénérer en cirrhose non alcoolique ou en cancer du foie.

Les scientifiques estiment que la NASH pourrait aussi devenir la première cause de transplantation du foie en Europe.

"Très prochainement", indique Cécile Rabian.

En France, la NASH a récemment gagné en notoriété publique avec un patient médiatisé, le journaliste sportif Pierre Ménès, sauvé par une double greffe du foie et du rein.

Une entreprise lilloise parmi les leaders Les "big pharma" ont flairé le bon filon et leurs acquisitions dans la NASH ont démarré dès 2015.

La palme revient pour l'instant à l'américain Allergan, qui a racheté la biotech californienne Tobira pour 1,7 milliard de dollars en 2016.

Allergan s'est aussi dernièrement associé au géant suisse Novartis pour mener des essais cliniques dans ce segment.

Le géant danois du diabète, Novo Nordisk, est aussi à l'affût d'opportunités.

"Comme la NASH comporte plusieurs étapes, il sera probablement nécessaire d'associer plusieurs mécanismes d'action, des bithérapies ou trithérapies pour essayer d'être encore plus efficace", explique Cécile Rabian.

Ce qui dope les opérations de rachat dans le secteur.


Trois sociétés font la course en tête, avec des candidats-médicaments en phase III, dernière étape clinique avant commercialisation : les américains Gilead et Intercept, et la biotech française Genfit

Des rumeurs de rachat enflamment fréquemment le titre de cette entreprise lilloise, cotée à la Bourse de Paris et dont la valorisation boursière dépasse aujourd'hui 900 millions d'euros.

"La probabilité d'être acquis par un grand groupe pharmaceutique reste très élevée", estime Jean-François Mouney, PDG de Genfit.

"Mais on ne reste pas plantés sur notre chaise à attendre que le client frappe à la porte, on avance.

Et plus on avance, plus on fait envie." Les résultats préliminaires de phase III sont attendus vers mi-2019 sur son candidat-médicament Elafibranor.

Celui-ci vise à réduire, voire stopper l'inflammation et la dégénérescence des cellules du foie, en ciblant deux récepteurs nucléaires régulant des gènes impliqués dans son fonctionnement.

Des futurs médicaments très chers Pour l'instant, une seule méthode de diagnostic dans la NASH est approuvée par les autorités de santé : la biopsie hépatique, un prélèvement de tissu du foie.

Un procédé coûteux, compliqué à généraliser et qui n'est pas sans risque pour le patient.

D'où les efforts des industriels pour mettre au point des tests de diagnostic sanguin ou par imagerie, sans quoi le marché connaîtra un "goulot d'étranglement", précise Arnaud Guérin, analyste chez Portzamparc.

Les coûts des futurs traitements risquent aussi de donner des sueurs froides aux autorités de santé, alors que certains laboratoires espèrent négocier des prix de plusieurs dizaines de milliers de dollars par an et par patient.

A terme, les coûts des médicaments anti-NASH devraient toutefois rejoindre ceux des antidiabétiques oraux, soit entre 13.000 et 15.000 dollars par an aux Etats-Unis et environ deux fois moins en Europe, selon Jean-François Mouney.

Source AFP LES ECHOS Le 17/06

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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