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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:14

Maladie de Lyme : «Plus personne ne nie qu'il y a un problème de diagnostic» Muriel, Vayssier-Taussat, bactériologiste à l'Inra Directricede recherches à l'Inra (Institut national de la recherche agronomique).

La bactériologiste Muriel Vayssier-Taussat travaille sur les agents pathogènes transmis par les tiques.

Elle confirme la fiabilité défaillante des tests actuels de détection de la maladie de Lyme en France.

Quelque 33 200 nouveaux cas de malades de Lyme par an.

Elle repose sur le réseau des médecins sentinelles et correspond à des personnes diagnostiquées selon les critères de la conférence de consensus de 2006 (NDLR : un groupe d'experts).

La maladie de Lyme se diagnostique d'abord de façon clinique après une morsure de tique, avec l'apparition d'un érythème migrant (une tache rouge plus ou moins importante).

Mais celui-ci peut ne pas apparaître, ou être inaperçu.

Du coup, si elle n'est pas traitée à ce stade, d'autres symptômes plus graves (articulaires, neurologiques...) peuvent se développer.

Le diagnostic se fait alors par sérologie (NDLR : prise de sang), via un premier type de tests (Elisa), suivi, si le résultat est positif, d'un second (Western-Blot).

Les personnes positives aux deux, et avec des symptômes évocateurs, sont recensées comme malades de Lyme.

Or beaucoup de patients négatifs à ces tests sont malades après une piqûre de tique.

Puisque fondé notamment sur ces tests, ce chiffre correspond-il à la réalité ?

Il y a sans doute plus de malades, mais combien ?

On l'ignore. Il y a d'abord ce problème du diagnostic sérologique : la vingtaine de tests commercialisés en France sont plus ou moins fiables — plus personne ne le nie.

Il y a ensuite le fait que les tiques transmettent, en plus des Borrelia, beaucoup d'autres bactéries, qui partagent la particularité de voyager incognito dans l'organisme, et qu'il faudrait rechercher.

Notre projet, inscrit dans le plan Lyme, vise précisément à détecter ces pathogènes et à permettre une vision globale qui aboutira, je l'espère, à l'élaboration de nouveaux tests.

Le plan Lyme prévoit l'évaluation des tests existants — ce que le Haut Conseil de la santé publique a recommandé dès 2014.

Pourquoi si tard ?

Il y a eu un blocage de la part de certains médecins et de scientifiques arc-boutés sur leurs positions.

Beaucoup ne réfléchissent qu'au regard de ce que leurs pairs leur ont enseigné, selon des dogmes difficiles à ébranler.

Mais les lignes bougent.

Le ministère de la Santé a fini par entendre les associations. Il faut que celles-ci maintiennent la pression.

Maladie de Lyme : «Plus personne ne nie qu'il y a un problème de diagnostic» Muriel, Vayssier-Taussat, bactériologiste à l'Inra Directricede recherches à l'Inra
Maladie de Lyme : «Plus personne ne nie qu'il y a un problème de diagnostic» Muriel, Vayssier-Taussat, bactériologiste à l'Inra Directricede recherches à l'Inra

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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