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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 16:58

Maladie de Lyme: le tueur masqué sur Paris Match. Douleurs articulaires, lésions neurologiques, paralysies, ses séquelles sont graves alors qu’une prise massive et rapide d’antibiotiques en viendrait à bout.

Enquête et témoignages. Quand mon amie Fabienne Piel me téléphone ce jour de février 2016, la fluidité de ses propos et le ton énergique de sa voix me sidèrent. Sa conversation n’est plus hachée ni hésitante. Il y a dix ans, pourtant, le neurologue du CHU de Montpellier lui annonçait qu’elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer.

A 42 ans, elle est affectée par des troubles de la mémoire.

Elle a oublié sa chienne rottweiller dans le coffre de sa voiture et l’a cherchée pendant deux jours. Incapable de se concentrer, elle a aussi abandonné son élevage de chiens.

A l’IRM, les plaques amyloïdes, qui détruisent les neurones, ont rendu leur verdict : on lui prescrit un traitement pour enrayer un Alzheimer précoce. En vain.

Jusqu’au coup de fil. Fabienne me raconte que le Dr Philippe Bottero, médecin généraliste à Nyons, dans la Drôme, lui a diagnostiqué la maladie de Lyme.

C’est une pathologie infectieuse, dont la bactérie, appelée « Borrelia burgdorferi », est transmise par la tique.

Après neuf mois sous antibiotiques, Fabienne a retrouvé un confort de vie et surtout une clarté d’esprit.

Elle a entamé le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle avec son âne et s’est occupée seule de leur maison d’hôtes de Bollène.

Un an plus tôt, elle collait encore des Post-it sur son frigo pour ne rien oublier... mais oubliait de les lire !

Son témoignage relance ces questions : pourquoi aucun traitement ne guérit la maladie d’Alzheimer alors que les chercheurs croulent sous l’argent légué par les malades décédés ?

Et s’il suffisait de simples antibiotiques pour en atténuer les symptômes ?

Une des origines de l’Alzheimer serait-elle une maladie infectieuse due à la « Borrelia » de Lyme ?

Le Dr Judith Miklossy, neurologue à Lausanne, en est convaincue : « En 1988, lors d’une autopsie, j’ai observé le cerveau d’un mort par infarctus et j’y ai découvert des borrélies de Lyme qui avaient fabriqué des plaques amyloïdes identiques à celles d’Alzheimer.

» Elle ajoute :

« En 1986 et 1987, deux biopsies de cerveaux de malades d’Alzheimer ont révélé la présence de borrélies. Selon le spécialiste américain de Lyme Alan Mac- Donald, ce sont elles qui ont créé des lésions cérébrales typiques d’Alzheimer. »

Par la suite, une étude a montré que, sur 27 cas d’Alzheimer, 14 comportaient des borrélies dans leur liquide céphalo-rachidien, leur sang et leur cerveau.

Plus de la moitié des patients auraient donc été victimes d’une erreur de diagnostic : ils n’avaient pas Alzheimer mais la forme chronique de la maladie de Lyme, appelée « neuroborréliose ».

Quant aux 13 autres, pourraient-ils avoir été infectés par une autre bactérie que « Borrelia » ? Diagnostiqués Alzheimer, ils auraient eu la maladie de Lyme « Oui, suppose le Dr Judith Miklossy. Avec la piqûre de la tique porteuse de Lyme, il existe toujours des co-infections. Il est donc urgent de traiter ces maladies infectieuses avec de la pénicilline.

» Qu’est-ce que cette maladie de Lyme, qui avance masquée et provoque des symptômes empruntés à d’autres maladies graves comme Alzheimer ?

Une imitatrice, comme on appelait la syphilis autrefois ? En tout cas, seul un lourd traitement d’antibiotiques permet de la débusquer et de l’empêcher de nuire davantage. Sinon, elle continue à se dissimuler derrière des noms terrifiants comme schizophrénie,

Parkinson, dépression, troubles bipolaires, infarctus, méningite, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, et même... autisme.

Un test d’antibiotiques sur 200 enfants a montré que quatre sur cinq avaient moins de troubles comportementaux au bout de trois mois de traitement ! Pour le Pr Luc Montagnier, découvreur du virus du sida, « certaines maladies dites psychiatriques sont d’origine infectieuse ».

Alors, avant de diagnostiquer une de ces lourdes pathologies, pourquoi ne pas commencer par un traitement antibiotique qui éliminerait d’emblée la forme chronique de la maladie de Lyme ?

Nombreux sont ceux qui ont été un jour piqués par une tique infectée par « Borrelia », sans le savoir.

Sa piqûre est indolore puisque la salive du parasite est anesthésiante et sa trace sur la peau disparaît en peu de temps.

En outre, la bactérie peut rester à l’abri des cellules pendant des années jusqu’à la survenue d’un facteur déclencheur.

On estime à 300 000 le nombre de nouveaux cas par an aux Etats-Unis, plus de 1 million de personnes seraient touchées en Europe et une sur quatre-vingts dans le monde.

Le Pr Montagnier parle de « pandémie du XXIe siècle ».

Les borrélies existent depuis la préhistoire.

Mais le fléau actuel commence en 1972, aux Etats-Unis, à Old Lyme, Lyme et East Haddam, des villages du Connecticut, quand une épidémie d’arthrite alerte la population. Lyme donne son nom à cette maladie encore inconnue.

Ce n’est qu’en 1982 que le bactériologiste Willy Burgdorfer met en évidence cette souche de « Borrelia » décrite ainsi : une bactérie qui change d’apparence, une ennemie redoutable.

Virulente, elle pénètre dans les cellules et y fabrique des leurres. Elle a un ADN plus complexe que les autres bactéries et défie les anticorps.

Et, peu à peu, elle empêche ses victimes de mener une vie normale. Assia Salve, 45 ans, psychiatre addictologue au CHU de Dijon, évoque son chemin de croix :

« En avril 2012, j’ai de la fièvre, des douleurs musculaires et articulaires. Un bilan sanguin laisse apparaître une infection virale.

Déjà, en 2002, j’avais eu des vertiges, des brûlures dans les mains et une réaction méningée. J’avais alors pensé à la sclérose en plaques.

En 2012, quand les symptômes reviennent, on me met sous cortisone.

Je ne tiens plus debout.

Je me dis que je fais une dépression atypique.

Mais les antidépresseurs sont sans effet.

Comme mon examen clinique est toujours normal, je suis placée en unité de surveillance, où personne ne croit à mes symptômes.

On me parque en maison de repos pour alcooliques et déments. Le cauchemar !

De retour chez moi, grabataire, je me bourre de vitamines, ma famille se relaie à mon chevet.

Mon expertise psychiatrique pour suspicion d’hypocondrie ne donne rien. Ni celle pour anorexie mentale. Entre-temps, je fais 22 tubes de prélèvements pour détecter un éventuel cancer.

Mon cardiologue, qui a entendu parler de la maladie de Lyme, me dirige vers le Pr Christian Perronne* du CHU de Garches, un des meilleurs spécialistes mondiaux.

En mars 2015, j’obtiens enfin un rendez-vous.

Pour la première fois, je me sens écoutée et on me fait un bilan sérologique complet.

C’est ainsi que j’apprends que les tests de dépistage de la borréliose sont faussés en France.

J’ai dû les envoyer dans la seule clinique spécialisée d’Europe, le Centre de la borréliose d’Augsbourg (BCA), en Allemagne !

Je démarre un traitement antibiotique par intraveineuse.

Les toxines des bactéries compliquent encore mon état : les borrélies sont en train de lutter pour leur survie.

Miracle, en dix-neuf jours, je ne ressens plus la fatigue écrasante.

Mais, en novembre 2015, je rechute. Je dois me remettre sous antibiotiques.

Depuis, ça va mieux, malgré une raideur de la nuque, des problèmes de déglutition et des brûlures aux yeux.

A présent, je sais que la borréliose a profité de mon infection virale pour se développer.

C’est dommage que la plupart des médecins français ne reconnaissent toujours pas les ravages de la maladie de Lyme... » Avec des symptômes différents, même parcours du combattant pour Juliette Martin, 17 ans, qui vit à Nantes.

Son père le retrace.

« Dès février 2014, ma fille enchaîne les syncopes au lycée.

Après scanner et ponction lombaire, le neurologue pense à des migraines. De février à juin 2014, elle a des nausées et sa fatigue persiste.

En août, en colonie de vacances sur les îles du Frioul, elle refait des syncopes.

Au CHU de la Timone, à Marseille, on ne lui trouve rien d’anormal. En septembre, on voit un cardiologue au CHU de Nantes.

Toujours sans résultat.

Placée en médecine interne en novembre, elle multiplie les malaises : épilepsie, épuisement, douleurs articulaires.

En décembre, elle est paralysée. Mais comme l’IRM ne détecte rien sur le plan neurologique, le corps médical se révèle impuissant.

Nous pensons à la maladie de Lyme. En 2010, Juliette a en effet été piquée par un insecte.

Le médecin lui a donné un traitement d’antibiotiques pendant une semaine.

Par l’association France Lyme, nous sommes dirigés vers un généraliste de Rennes.

Il envoie son bilan sanguin chez un vétérinaire – leurs tests sont les plus fiables de France.

Notre fille a bien la borréliose.

Suivie par le Pr Perronne, il semble que Juliette soit en rémission.

Au CHU de Nantes, elle avait été observée par trois psychiatres. Heureusement qu’ils avaient admis qu’elle avait bien toute sa tête ! » Quand la maladie devient chronique, il est rare d’en guérir Par déni ou par ignorance de la maladie, Juliette a évité de peu un internement psychiatrique.

Tout comme Yannick Schraen, 15 ans, diagnostiqué, à tort, hystérique. Il y a deux ans, le garçon présente les symptômes de la grippe.

Puis, il ne peut plus marcher. Au CHU de Lille, on lui fait passer le test de la maladie de Lyme. Négatif.

Il entre dans un centre de rééducation mais, très vite, il ne tient plus assis.

Sa souffrance est indicible. Hospitalisé, sous morphine et sous antidépresseurs, son corps présente des plaques rouges et arrondies.

Par chance, ses parents voient sur France 5 le documentaire de Chantal Perrin,

« Quand les tiques attaquent », où le Pr Perronne témoigne des dangereux effets d’une piqûre de tique. Ils le contactent et le professeur fait hospitaliser leur fils en le mettant sous antibiotiques à hautes doses.

A Noël 2015, Yannick sort de Garches en marchant !

Au troisième stade de la maladie, quand elle devient chronique, il est rare d’en guérir.

Les rémissions alternent avec les rechutes.

Mais, d’après le Pr Perronne, de nombreux patients ont retrouvé un confort de vie.

C’est le cas de Milaine Grolleau,

40 ans, qui vit dans le Puy-de-Dôme. Durant l’été 2013, elle ressent des douleurs sous les pieds. « Je pense à une tendinite et je prends antalgiques et anti-inflammatoires.

Pendant l’hiver, j’ai l’impression qu’on me coupe le bras.

Ma main gauche devient bleue. S’ajoutent des douleurs au ventre.

En avril 2014, je perds 10 kilos, mes cheveux tombent par poignées, j’ai une paralysie faciale.

Ma tension monte à 16/9, mon pouls à 147. Au CHU de Clermont-Ferrand, le neurologue a la quasi-certitude que j’ai une sclérose en plaques. Surprenant, car mon IRM cérébrale est normale ainsi que ma ponction lombaire !

Comme j’ai une quarantaine de symptômes, on me donne des antidépresseurs sous prétexte que c’est moi qui somatise.

Je consulte alors le Dr Bottero. Mes tests sanguins détectent une co-infection à la “Babesia”, un parasite qui atteint les reins des chiens et des chats.

Le 1er août 2015, je prends des antibiotiques.

Deux mois plus tard, mes symptômes disparaissent.

Aujourd’hui, je peux faire 2 kilomètres à pied ! Je prends 400 milligrammes par jour de cette molécule, un traitement qui me coûte 250 euros par mois, non remboursés ! » Les tests sanguins de Frédéric Quemerais étaient – faussement – négatifs !

« Je ne reçois donc pas le traitement précoce qui m’aurait évité de développer la forme chronique de la maladie.

Après un parcours de plusieurs années sans diagnostic, j’arrive dans le service du Pr Perronne : plus de deux ans d’antibiotiques, d’antiparasitaires et d’antifongiques font régresser les symptômes lourds.

Une renaissance !

Mais, en 2015, je rechute. Depuis, je suis sous traitement anti-infectieux. Le plus grave :

ma femme présente des symptômes similaires aux miens.

Comme elle n’était ni diagnostiquée ni traitée pendant ses deux grossesses, nos deux filles sont porteuses d’une borréliose congénitale.

La maladie de Lyme a bouleversé nos existences. » Face à tant de vies brisées, qu’attendent les autorités de santé et le corps médical pour adopter des tests sanguins fiables ?

Au ministère de la Santé, Marisol Touraine aurait annoncé des financements pour la recherche...

Le temps presse au risque d’un scandale sanitaire. * Le Professeur Christian Perronne, le plus grand spécialiste français de la maladie de Lyme, vient de sortir un livre :

« La vérité sur la maladie de Lyme » par le Professeur Christian Perronne, chez Odile Jacob. 1. Trois stades de la maladie de Lyme l Début : la piqûre crée souvent un érythème migrant localisé qui ne démange pas et dont la lésion ovale et rosée, entourée parfois d’un cercle rouge, varie de 2,5 à 50 centimètres. Il disparaît sans séquelle.

La bactérie commence alors sa migration dans le corps. Infection disséminée :problèmes cardiaques, méningés, neurologiques, de peau, d’inflammation aux articulations, à la racine des nerfs. Infection chronique : des années après, elle touche la peau, la moelle épinière et le cerveau, mais aussi les organes.

Résultat : une grande fatigue, des douleurs diffuses et des troubles de la mémoire ou un « brouillard cérébral ». 2. Prévention :

Eviter les hautes herbes.

Glisser le bas du pantalon dans les chaussettes.

S’enduire de répulsif.

En cas de morsure : retirer la tique en la « dévissant » avec un tire-tique. Désinfecter.

Surveiller la morsure pendant un mois.

Si apparaissent rougeur sur la peau, fièvre, douleurs et fatigue, prendre d’urgence un traitement antibiotique. Toutes les tiques ne sont pas porteuses de germes. 3. Voies de transmission: placenta, sexuelles, mammifères, oiseaux, insectes et arthropodes (tiques). Réalité ou légende ?

La maladie de Lyme serait due à une manipulation génétique des tiques Pourquoi, en 1972, les habitants de trois villages du Connecticut ont-ils été les premiers touchés par la maladie de Lyme ?

Parce qu’ils se situent à quelques encablures de Plum Island, une ancienne base de l’armée américaine ?

Celle-ci est pourtant fermée depuis la Seconde Guerre mondiale.

Mais, dès 1949, le gouvernement américain y établit un laboratoire de recherches sur les maladies animales, à l’époque où l’URSS et les Etats-Unis se livrent une guerre scientifique.

Dans le cadre de l’opération secrète du programme Paperclip – l’exfiltration de 2 000 savants nazis – la CIA fait venir un bactériologiste, Erich Traub, qui a sévi sous le IIIe Reich.

Le plan militaire américain aurait été de lancer une guerre bactériologique dirigée sur les animaux de l’Union soviétique pour la neutraliser en affamant ses habitants.

Dans son laboratoire de Plum Island, Erich Traub aurait infecté des bovins, des chevaux et des porcs avec le virus de la fièvre aphteuse.

Mais un revirement a lieu, les Etats-Unis préférant utiliser des armes plus conventionnelles contre l’URSS.

L’île est alors utilisée par le ministère de l’Agriculture qui y poursuivra des recherches moins belliqueuses.

Erich Traub rentre en Allemagne en 1953. Mais un avocat de Long Island, Michael Carroll, sort un best-seller, « Lab 257 », en 2004, où il affirme qu’Erich Traub aurait aussi manipulé des tiques en décuplant leurs quantités de « Borrelia » afin de les rendre plus contagieuses.

Les tiques se seraient échappées de l’île, notamment sur les oiseaux migrateurs qui viennent nicher tout près... des trois villages du Connecticut. Dans son bureau, le Pr Perronne montre un érythème migrant sur son écran d’ordinateur

Thierry Esch / Paris Match

Le Pr Christian Perronne, chef du département des maladies infectieuses et tropicales del’hôpital universitaire Raymond-Poincaré de Garches, dénonce le déni français sur la maladie de Lyme. Paris Match.

Pourquoi, en France, les effets de la bactérie de Lyme, “Borrelia burgdorferi”, restent-ils méconnus ?

Pr Christian Perronne.

Dès les années 1920, un microbiologiste de l’Institut Pasteur et Prix Nobel, Charles Nicolle, écrit déjà sur les borrélies ; de nombreuses maladies inflammatoires et dégénératives sont dues à des microbes cachés dans nos tissus qui provoquent “des infections inapparentes”.

Si le traitement antibiotique ne marche pas toujours, c’est parce que parasites et virus se mêlent aux bactéries transmises par les insectes, dont les tiques.

A l’inverse, après la Seconde Guerre mondiale, on assiste à un “mouvement antimicrobes”.

Aux Etats-Unis, un chef de la santé publique déclare que les maladies infectieuses, “c’est du passé car nous avons l’hygiène, les vaccins et les antibiotiques”.

Sa parole contamine nos dirigeants : l’infectieux, c’est terminé.

Ce sont alors les maladies génétiques et immuno logiques qui prévalent encore aujourd’hui. Pour redonner sa place au microbe, quelles furent vos difficultés ?

Il y a trente ans, j’ai découvert que je pouvais guérir certaines maladies auto-immunes par des cocktails d’anti-infectieux.

J’ai donc monté des protocoles officiels de recherche pour évaluer l’efficacité de mes traitements.

Mais les spécialistes de ces maladies ont empêché la participation de malades volontaires à ces études car “c’était du charlatanisme” !

Ainsi, les médecins libéraux ne doivent plus prescrire d’antibiotiques dans les “cas douteux”, sinon ils risquent la radiation du conseil de l’ordre.

C’est le cas du Dr Bottero à Nyons, un des premiers en France à soulager des enfants autistes et des schizophrènes.

La borréliose de Lyme chronique fait partie des causes possibles de maladies graves comme la sclérose en plaques, Alzheimer, Parkinson... Il y a plus de 800 symptômes dus aux borrélies. En France, personne n’est au courant du lien entre Alzheimer et la borréliose...

Non. Un chercheur de l’Inserm m’a affirmé que la piste infectieuse dans Alzheimer, c’était de la foutaise !

Pourtant, une équipe de Philadelphie vient encore de démontrer le lien entre certaines formes d’Alzheimer et les borrélies.

Le problème ?

Dans les cas de maladies chroniques, certains guérissent sous antibiotiques et antiparasitaires, alors que pour d’autres leur efficacité est nulle. Il est vraisemblable que des facteurs viraux soient en cause. "Beaucoup de maladies dites inflammatoires ou auto-immunes ont une composante infectieuse" La borréliose de Lyme n’est donc pas la seule coupable.

Non. Mais j’affirme que la plupart des maladies chroniques dites “inflammatoires”, “auto-immunes” ou “dégénératives” ont une composante infectieuse.

C’est elle qui déclenche ou entretient la maladie. Comment les victimes peuvent-elles échapper à l’errance médicale ?

Devant un érythème migrant, il faut exiger de son médecin une prescription d’antibiotiques avec la dose officielle (4 grammes d’amoxicilline par jour pendant deux ou trois semaines).

Pour les formes avancées de la maladie, la seule méthode diagnostique fiable est un traitement d’épreuve : si l’antibiotique agit, c’est qu’il y a infection.

Si les tests sanguins ne détectent pas toujours ces bactéries, les médecins français ne peuvent donc pas donner d’anti-infectieux.

Or, ce n’est pas le cas de l’autre côté de nos frontières... En Allemagne, les tests sont plus sensibles. Beaucoup de patients français s’y font suivre.

Là-bas, si les médecins dépassent les doses admises d’antibiotiques, les autorités ne leur créent pas de problème.

En France, les maladies chroniques sont diagnostiquées par leurs symptômes.

On n’en recherche pas les causes.

Or, beaucoup de maladies se recoupent. J’ai eu un patient diagnostiqué polyarthrite rhumatoïde à Nantes et sclérose en plaques à Angers !

La borréliose de Lyme peut simuler ces deux maladies. N’y a-t-il pas de tests fiables en France pour détecter la borréliose et les infections associées ?

Seulement chez les vétérinaires. Ils s’appuient sur le concept d’“infection inapparente”. Mais on n’a pas le droit d’appliquer ces tests à l’humain. Un laboratoire les a appliqués à quelques malades.

Un médecin l’a dénoncé, il a failli voir son cabinet fermé par mesure disciplinaire !

Les tests actuels sont réalisés à partir d’une souche américaine isolée chez une tique il y a plus de trente ans. Ils ne représentent pas du tout la biodiversité de ce genre bactérien. Vous enseignez à la faculté de Versailles-Saint-Quentin. Informez-vous vos étudiants sur les effets de cette maladie ?

Oui, des étudiants m’affirment qu’on leur enseigne que Lyme est une maladie inventée par Internet.

On leur dit qu’il ne faut pas se préoccuper de ceux qui sont négatifs aux tests, de ceux qui se plaignent de “trop de symptômes”, sinon il faut les envoyer en psychiatrie ! Qu’est-ce qui freine la recherche ? Il y a dix ans, peu de personnes connaissaient la borréliose de Lyme en France.

J’ai pourtant publié une étude qui montre que sur 100 malades, j’en ai guéri 80, mais les études cliniques sont longues et coûteuses, surtout quand la cause de la pathologie est multifactorielle.

De son côté, l’industrie pharmaceutique pourrait financer des tests sur les infections inapparentes, ainsi que sur leur traitement.

On ferait des économies de santé, quand on voit le coût des maladies chroniques autres que Lyme

Maladie de Lyme: le tueur masqué sur Paris Match.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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