Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 09:43

Levothyrox, l'alerte !

Non, il ne s'agit pas d'une hystérie collective, mais bien du début d'une crise sanitaire dangereuse et coûteuse, s'insurge le docteur Laurent Chevallier.

PAR LE DOCTEUR LAURENT CHEVALLIER

Oui, il semble bien y avoir des problèmes avec le « nouveau Levothyrox » et cela ne vient pas des excipients, car remplacer du lactose par du mannitol et de l'acide citrique ne peut avoir, a priori, qu'un effet modeste.

Qu'observe-t-on dans nos cabinets depuis le printemps  ?

Des déséquilibres hormonaux et, heureusement de façon plus rare, des prises de poids et très occasionnellement des crampes.

La fatigue, quant à elle, est inhérente à une tendance à l'« hypothyroïdie ».

La thyroïde est une glande située à la base du cou qui régule de nombreuses fonctions métaboliques.

Le dosage de la T3 (tri-iodothyronine) et de la T4 (thyroxine) ainsi que de la TSH (thyréostimuline) permet de s'assurer de son bon fonctionnement.

En fait, c'est la formule elle-même de ce « nouveau Levothyrox » qui semble avoir été modifiée sans en avertir suffisamment les médecins et surtout leurs patients.

Selon le professeur Alain Astier, pharmacologue : «  L'ancienne formule n'était pas très bonne, car le principe actif était faible par rapport aux excipients, ce qui entraînait des irrégularités de lots » (Magazine de la santé, France 5).

Pourquoi ne pas avoir clairement expliqué les modifications  ?

Les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur des enjeux

Au lieu de cela, on voudrait nous faire croire à une sorte d'hystérie collective concernant les effets secondaires, qui, encore fois, rappelons-le, sont heureusement rares, selon nos expériences quotidiennes ?

Comme au début de nombreuses crises sanitaires émergentes, les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur des enjeux et des inquiétudes légitimes.

Est privilégiée la culture du « il n'y a pas de risque pour la santé », bref, tout va bien !

Dans l'immédiat, les médecins demandent que, dans les cas d'effets secondaires à type de crampes, la substitution puisse se faire avec du L-Thyroxine que le pharmacien n'a pas actuellement le droit de délivrer dans cette indication (uniquement réservé aux cas d'enfants et adultes ayant des troubles de la déglutition).

Qu'une enquête soit diligentée pour comprendre ce qui se passe exactement avec cette formule et savoir si le laboratoire n'a pas tout simplement changé de fabricant ou promu un nouveau process de fabrication.

Le coût humain est difficilement mesurable, mais, pour la société, ces errances risquent de se chiffrer à plusieurs millions d'euros puisqu'au moins un à deux dosages vont probablement être prescrits aux 3 millions de porteurs de dysfonctionnements thyroïdiens en France…

Levothyrox, l'alerte !   Non, il ne s'agit pas d'une hystérie collective, du type maladie de Lyme pour le Pr Raoult.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Métabolisme
commenter cet article

commentaires