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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 00:07

La diffusion de la pratique et la diversité des produits utilisés par les tatoueurs justifient de nouvelles précautions, nous informe l’Académie de Médecine par un communiqué du 26 septembre 2017, qui juge cette pratique "inquiétante" et le contrôle assuré par les pouvoirs publics "insuffisant".

On estime les tatoués à au moins 10 % de la population, soit 25 à 35% de la population des jeunes et adultes de moins de 40 ans, ce qui représente une forte augmentation.

Cependant, selon une étude allemande, des problèmes de peau liés aux actes et aux encres sont observées dans 68 % des cas, et des complications systémiques dans 7% des cas.

Un risque d’infections non négligeable

Si des mesures d’hygiène rigoureuses permettent de diminuer les risques de transmission du virus de l’hépatite B, de l’hépatite C et du VIH, les infections bactériennes restent toujours aussi fréquentes, ainsi que les réactions ou maladies cutanées sur la zone tatouée. Selon l’Académie de Médecine, ces infections peuvent être extrêmement graves.

Depuis début 2017, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) impose théoriquement aux médecins, pharmaciens, infirmiers et aux tatoueurs de déclarer sans délai les effets indésirables graves (ou non) dont ils ont eu connaissance.

Des mesure jugées très insuffisantes par l’Académie de Médecine.

Cette recrudescence de tatoués devient une telle préoccupation de santé qu’en avril l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris a ouvert à l’hôpital Bichat (Paris 18e) la première consultation dédiée à la prise en charge des complications associées aux tatouages (allergies, infections, inflammations…) en France.

Cette consultation, ouverte une fois par mois, répond à un besoin croissant d’informations et d’avis de patients et de professionnels de santé.

Des encres à la composition et à la toxicité inconnues



Insérés dans le derme, les pigments voyagent dans l'organisme par la lymphe, et se retrouvent également dans les ganglions.

De plus, les tatouages sont parfois très étendus, recouvrant plus de 50% de la surface corporelle.

A raison d’1mg d’encre par cm2, la quantité d’encre injectée est alors très importante.

On comprend alors pourquoi il devient important de se poser la question de la toxicité des encres.

Ces tatouages sont plus souvent multicolores, utilisant de nouvelles encres dont la composition est rarement précisée

Ces encres nouvelles persistent dans la peau sur une longue période subissant des modifications de leurs structures physiques et chimiques notamment sous l’effet des UV ou du laser utilisé pour tenter de faire disparaître le tatouage.

Ces dernières années, de nouveaux composants dont des colorants organiques ou des conservateurs se sont multipliés dans les encres de tatouages ainsi que des sels de métaux parfois à concentration élevée et plus récemment sous forme nanoparticulaire (titane).

Aucune donnée n’est disponible sur leur toxicité après injection intradermique.

L’Académie de Médecine recommande une vigilance accrue

Devant l’engouement actuel pour les tatouages, l’Académie Nationale de médecine souhaite compléter les recommandations en vigueur par les mesures suivantes :

Concernant les professionnels de santé et les tatoueurs :

Créer un carnet des "interventions", où chaque acte devra être noté ainsi que les constituants utilisés (encre, pigment, métaux…).

Mettre en place une veille de tous les évènements indésirables.

Concernant les Autorités de santé :

Renforcer le suivi des règlementations en vigueur avec un contrôle régulier de cette activité.

Réglementer l’usage des encres en France et au plan européen en publiant la liste de substances dont l’utilisation en injection intra dermique est sans danger.



Concernant la population :

Renouveler l’information sur les risques liés à la pratique du tatouage et sur le caractère quasi irréversible de l’acte.

Les tatouages et leurs risques. Rien n'est "innocent".

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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