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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:57

Une conférence tenue en Turquie a rassemblé lundi des scientifiques internationaux dont les résultats semblent confirmer les risques pour la santé des téléphones portables.

Comme souvent, ces résultats menés sur de petits échantillons devront être confirmés à plus large échelle.

À une époque où le téléphone portable est devenu inévitable, même chez les enfants, plusieurs études ont d’ores et déjà tenté de déterminer les risques réels de son utilisation.

L’une d’elles, Interphone, réalisée dès les débuts de la généralisation de la téléphonie mobile, avait finalement échoué à conclure au terme de plusieurs années de suivi de nombreux utilisateurs, hésitant entre une innocuité totale et un risque important de développer un cancer...

Pour mieux répondre aux interrogations, des scientifiques tentent quotidiennement, à plus petite échelle, de déterminer les effets des mobiles sur la santé d’animaux modèles, voire sur la santé humaine.

Alors qu’une réunion concernant les dangers des téléphones portables, organisée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a démarré mardi à Lyon et devrait apporter de nouvelles conclusions le 31 mai, une autre conférence intitulée « Science update: cell phones and health » (« Mise à jour de la science : téléphones portables et santé ») s’est quant à elle achevée à Istanbul le 23 mai.

La question des ondes électromagnétiques

Les organisateurs, dont l’Environemental health trust (une organisation indépendante qui tient à connaître et à diffuser au grand public les effets des téléphones portables sur la santé) et les Universités de Gazi (Turquie) et d’Athènes (Grèce), avaient réuni des spécialistes internationaux.

Présentées à la conférence, les découvertes faites au cours des dernières années par plusieurs équipes semblent accabler les téléphones mobiles, dont les effets seraient particulièrement visibles au niveau du cerveau et de la fertilité.

Ce sont les ondes électromagnétiques émises par les téléphones et les antennes relais qui sont au centre des débats.

Avec des fréquences comprises entre 900 et 1.800 mégahertz, et bien qu’elles soient cousines des ondes de moyenne fréquence utilisées pour la diffusion de la radio considérées comme n’ayant aucune conséquence sur la santé (de 300 à 3.000 kilohertz), elles sont tout aussi proches des dangereuses microondes de nos fours capables de cuire rapidement des aliments (de 1 à 300 gigahertz).

Faudra-t-il réduire notre utilisation des téléphones portables ?

Dangereux pour le cerveau… Ainsi, une équipe de l’Université de Gazi menée par Nesrin Seyha a exposé des lapins blancs de Nouvelle-Zélande à des ondes de 1.800 mégahertz quotidiennement pendant 15 minutes.

L’observation d’une augmentation significative de radicaux libres dans le cerveau des animaux exposés (le malondialdéhyde et le 8-hydroxy-2’-déoxyguanosine) indique que les ondes électromagnétiques provoquent une élévation du stress oxydatif, ce qui pourrait endommager les lipides et surtout l’ADN cérébral.

Selon une deuxième étude également menée par Nesrin Seyha, la barrière hémato-encéphalique qui permet de filtrer les molécules ou les agents pathogènes dangereux pour le cerveau serait aussi affectée, car rendue plus perméable chez des rats mâles (mais pas chez les femelles), après seulement 20 minutes d’exposition à des ondes de 900 ou 1.800 mégahertz.

Ces effets constatés à l'échelle cellulaire entraînent-ils des conséquences sur le fonctionnement cérébral ?

Il semblerait que la réponse soit positive ! Une troisième étude présentée à la conférence, et réalisée par une équipe grecque, montre en effet une diminution de l’efficacité de la mémoire spatiale chez la souris.

Après une exposition à des ondes de 900 mégahertz à raison de 2 heures par jour, des souris placées dans un bassin ont plus de mal à se diriger (grâce à leur mémoire et à un repère visuel) vers la plateforme dissimulée sous quelques millimètres d’eau et qui leur permet de se reposer. …et pour la fertilité

D’autres études ont quant à elles démontré la présence de dommages au niveau des chromosomes des lymphocytes humains ou de l’ADN des cellules situées au niveau des racines des cheveux.

La fertilité serait aussi mise à mal par les ondes électromagnétiques, qui réduiraient la reproduction chez la drosophile et augmenteraient la quantité d’espèces réactives de l’oxygène dans les spermatozoïdes humains étudiés in vitro.

De plus, selon une étude rendue publique par l’Université du Queens au Canada, ces fréquences réduiraient la fertilité humaine masculine, en augmentant le taux de testostérone mais en réduisant celui de l’hormone lutéinisante (la LH, qui permet à la testostérone d'être plus active).

Ces résultats, bien qu’inquiétants, demandent à être confirmés par des études plus larges.

L'une d'elles, baptisée Cosmos, est aujourd’hui en cours et porte sur le suivi de 250.000 personnes... mais ne livrera ses résultats que dans vingt ou trente ans.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Les ondes
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