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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 12:53

La prise de médicaments, déjà identifiés comme dangereux pour la conduite, peut également engendrer un risque supplémentaire pour les piétons.

Prendre des médicaments ou conduire, il faut choisir.

Mais qu’en est-il des piétons?

Selon les chercheurs de l’université de Bordeaux les médicaments signalés comme dangereux pour la conduite, le sont également pour les piétons, détaillent-ils dans la revue Plos Medicine.

«C’est la première fois qu’un lien entre la prise de médicaments par les piétons et le risque d’accidents de la route est mis en évidence», souligne Emmanuel Lagarde, directeur de recherche à l’Inserm, qui a participé à l’étude. 48 classes de médicaments augmentent le risque

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont croisé les bases de données recensant les accidents de la route, tenues par la police française, et celle du remboursement de l’Assurance maladie.

Au total, plus de 6.500 piétons ont été inclus dans l’étude entre début juillet 2005 et fin décembre 2011.

Afin d’évaluer l’augmentation du risque lié aux médicaments, les chercheurs n’ont pas comparé les piétons accidentés avec d’autres piétons lambdas non accidentés. Ils ont utilisé une autre méthode statistique: pour chaque piéton qui avait eu un accident sous médicaments, ils ont regardé combien prenaient le même traitement quelques mois plus tôt.

Par exemple, si 20% des piétons accidentés étaient sous traitement au moment de l’accident mais seuls 10% l’étaient quelques mois auparavant, les chercheurs ont conclu que l’usage de ce médicament augmentait les risques d’accidents.

«Aucun individu ne se ressemble, donc comparer un piéton avec un autre n’aurait eu aucun sens.

Nous avons comparé chaque individu avec lui-même, quelques mois auparavant, pour assurer une étude plus fiable», explique Emmanuel Lagarde.

Au total, les chercheurs ont fait ressortir 48 classes de médicaments augmentant le risque d’accidents pour un piéton.

Les plus communs étaient: les benzodiazépines (utilisés principalement contre l’anxiété comme le Lexomil) les anti-histaminiques (dont les traitements contre les allergies) et anti-inflammatoires.

Niveau d’attention affecté

En France, les risques sont classés selon trois catégories, identifiables grâce à des pictogrammes présents sur les boites de médicaments.

Le pictogramme jaune invite à «être prudent», le orange à être «très prudent» et le rouge, «à ne pas conduire».

Ces médicaments avec des pictogrammes -certains n’en présentent pas - comptent pour 37% des médicaments disponibles en France.

«Plus la catégorie du pictogramme est élevée, plus le risque d’accident augmente», indique Emmanuel Lagarde.

«Ces médicaments peuvent affecter le niveau d’attention des piétons, par exemple leur temps de réaction ou leur mobilité, comme leur vitesse de marche.

Ainsi, les alpha-bloquant entraînent une vasodilatation et donc une plus faible pression du sang, avec des symptômes potentiels comme: de l’asthénie (perte de force), des vertiges, de la fatigue, etc.», notent les auteurs de l’étude.

Une prévention nécessaire

«Cette étude montre la nécessité de rendre faire de la prévention à propos des effets de ces médicaments, chez les piétons», assurent les chercheurs.

«L’important est de faire en sorte que les patients prennent en compte les pictogrammes et soient conscients des risques qu’ils prennent lorsqu’ils sortent de chez eux», explique Emmanuel Lagarde.

«Il faut également que les prescripteurs et les pharmaciens informent les patients des risques.»

Lors des accidents de la route, 22% des personnes qui décèdent sont des piétons.

Les auteurs rappellent tout de même: «si un lien a été trouvé entre l’usage de médicaments et les accidents des piétons, conduite automobile et médicaments psychotropes ne font pas non plus bon ménage.»

Les médicaments sont dangereux: les piétons aussi sont dans la cible.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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