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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 00:18

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https://youtu.be/Pu0KnAGuNE4

Martin Winckler : les médecins sont des brutes !
Le dernier livre du docteur Martin Winckler,

« Les brutes en blanc », ne plaira pas à tout le monde au sein de sa profession.

Dans ce virulent opus, l’ auteur se livre à un inventaire de la maltraitance quotidienne, dont se rendraient coupables, sinon tous les médecins en France, du moins un bon nombre.

Voici ce qu’on peut retenir des interviews qu’il donne à différents médias sur son livre, et des analyses que ceux-ci en font, notamment des deux les plus exhaustives, celles parues dans « Le Généraliste », quotidien dont la lecture est réservée à ses médecins-abonnés, et dans « Le Figaro-Santé »

L’auteur de « La maladie de Sachs » tire en effet un portrait fort peu flatteur des acteurs de santé. Est maltraitant, selon lui, « le médecin qui reproche au patient d’être trop exigeant » celui « qui manifeste du mépris pour les croyances, les sensations ou les sentiments du patient, » « qui insulte », « qui engueule », ou encore « qui fait mal et qui trouve ça normal. » .

Sa chronique de « la maltraitance médicale ordinaire » ratisse large, incluant l’exiguïté ou la vétusté de certains cabinets, l’absence d’écoute du malade ou les refus de soins.

Et elle n’épargne personne : hospitaliers, spécialistes libéraux et même généralistes. «

De nombreux médecins, généralistes ou gynécologues, hommes ou femmes, semblent savoir, mieux que les femmes elles-mêmes, ce qu’elles doivent faire de leur vie », note-t-il à propos des demandes d’IVG.

Et l’auteur d’épingler également « cette insensibilité à la douleur des patients que manifestent nombre de médecins. » Il soutient que, près de 15 ans après la loi Kouchner sur les droits des patients,

l’usager du système de soins n’a pas toujours accès à tout ce qui le concerne : « chaque semaine, je reçois des témoignages de patients à qui on a menti sur leur état, sur la nature de la maladie qui les afflige, sur le pronostic et sur les traitements »

Au-delà de ces abus de pouvoirs, le nouveau livre de Martin Winckler dépeint un monde médical fait d’excès et même de violence. À l’en croire, la France est « le pays industrialisé où le corps médical se montre le plus coercitif, le plus brutal et le plus totalitaire quand il s’agit d’accoucher », avec un taux d’épisiotomie de 30 % contre 15 % en Angleterre et 1 % en Suède.

Martin Winckler s’indigne de l’insistance mise au dépistage du cancer de la prostate , ainsi que du « décallotage » des petits garçons, encore conseillé par certains praticiens, alors que« ce geste est douloureux pour le garçon, stressant pour la mère, et, médicalement sans intérêt.»

Pas tendre pour ses confrères, Martin Winckler leur accorde pourtant une circonstance atténuante : ils sont, explique-t-il en substance, victimes d’une formation à la schlague ; ces études, au cours desquelles les médecins « ont été formés non pas à écouter, mais à interpréter. » À l’en croire, paternalisme et autoritarisme sont trop encore les marques de fabrique du futur médecin : «

L’enseignement médical est délivré de manière verticale, sans discussion, contestation ou dialogue possible.

De sorte que beaucoup de médecins (…) reproduisent mécaniquement les habitudes héritées de leur maître. »

Et les programmes n’arrangent rien : l’absence de formation psychologique et psychothérapeutique conduisant « inévitablement un certain nombre d’entre eux pour se protéger à adopter une attitude distante et des conduites d’évitement ».

À cette formation,

Martin Winckler oppose celle du Québec, où il vit depuis quelques années : « À Montréal, il y a deux facultés de médecine.

Dans l'une d'elles, chaque étudiant a un mentor qui est un patient chronique qu'il suit tout au long de ses études.

Dans l'autre, le recrutement des étudiants se fait sur dossier et lors de leur entretien, ils sont interviewés par un médecin et un patient.

Dans les pays anglo-saxons, les patients font partie de la formation - qui est infiniment meilleure qu'en France, selon moi.

Quand le système se dégrade, les médecins sont toujours du côté des patients.

Alors qu'en France, lorsqu'il y a une revendication de patients, les médecins soutiennent le système. »



Comme prévu, les réactions du corps médical sont violentes...et ne font que conforter les thèses de l’auteur, puisque, dans le quotidien «

Le Généraliste », la plupart des médecins s’insurgent violemment contre ces propos, avec force injures envers son auteur, tout en admettant ne pas avoir lu le livre, ni l’intention de le lire !

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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