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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:58

Pour dater le moment d'un décès, les as de la police scientifique font appel aux insectes.

Demain, un nouvel auxiliaire pourrait faire son apparition : la bactérie.

Après le génome, le protéome, le microbiome, voici un nouveau terme biologique que devraient bientôt connaître par cœur les membres de la police scientifique, les médecins légistes, les juristes et autres amateurs de polars : le nécrobiome.

Soit l’ensemble des bactéries que recèle un cadavre.

Analyser le nécrobiome, que l'on pourrait aussi appeler le microbiome post-mortem, offrirait la possibilité de répondre à une question essentielle pour les enquêtes criminelles : à quand remonte précisément la mort ?

Mieux dater le décès

Certes, les techniques de médecine légale ont considérablement évolué ces dernières années, notamment avec la mise à contribution d’auxiliaires précieux comme les mouches et autres insectes qui colonisent un corps une fois son occupant décédé.

Mais l’exactitude n’est pas forcément au rendez-vous pour estimer le moment précis du décès.

Pour un cadavre remontant à cent jours, la marge d’erreur peut être de 10%, soit cinq jours.

Aussi, depuis quelques années, les chercheurs se sont tournés vers d’autres hôtes encore plus microscopiques que les insectes, les bactéries.

L’idée se tient : avec une population se dénombrant en milliers de milliards répartie en plusieurs centaines d’espèces à la surface et à l’intérieur de notre corps, l’abondance d’informations est au rendez-vous.

Encore faut-il savoir faire le tri.

Quelles sont les bactéries à déserter en premier un organisme mort ?

Quels sont les organes concernés les premiers par cette déplétion ?

Quelles sont les micro-organismes qui auront au contraire tendance à se multiplier post-mortem ?

Le graal des chercheurs est le suivant : parvenir à établir une dynamique de dissémination bactérienne et un gradient d’occupation en fonction de l’heure du décès.

Plus facile à dire qu’à faire.

Devant l’ampleur herculéenne de la tâche, les chercheurs ont commencé petit. Jessica Metcalf, pionnière en ce domaine à l’université du Colorado (Etats-Unis), s’est penchée sur des cadavres de souris comme le rapportait son étude publiée dans le magazine Science en 2015.

Dernièrement, des chercheurs de l’université de New-York ont à leur tour commencé à analyser les bactéries contenues dans les fosses nasales et auriculaires d’une vingtaine de cadavres humains.

Ils viennent de livrer leurs conclusions dans la revue Plos One.

L’approche semble efficace car les scientifiques ont pu répertorier les communautés bactériennes, leur identité et leur abondance respectives et établir un modèle statistique.

Même après plusieurs semaines de décomposition, la marge d’erreur a été ramenée à 48 heures.

Une preuve de concept qui demande à être affinée avant de faire partie du parfait arsenal du Sherlock Holmes moderne.

Sciences

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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