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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 11:06

Des médecins de l'Institut Gustave Roussy ont identifié une molécule aussi efficace que la morphine sur les douleurs post-opératoires mais sans effets secondaires.

Découverte en 1861, la morphine est rapidement devenue incontournable en milieu hospitalier.

Face à une douleur de plus en plus importante, les médecins augmentent la posologie, intensifiant le risque d'effets secondaires pour le patient.

Or ces derniers peuvent parfois être lourds (troubles confusionnels ou encore dépression respiratoire, potentiellement mortelle).

Sans oublier que la morphine crée une dépendance chez le patient.

À l'Institut Gustave Roussy, basé en région parisienne à Villejuif, des médecins ont découvert une alternative à cet antalgique puissant, aussi efficace sur les douleurs post-opératoires et qui présente l'avantage d'être sans effets secondaires, révèlent-ils dans la revue Anesthesiology.

Une molécule présente dans la salive humaine Tout commence en 2003, quand Catherine Rougeot, chercheuse de l’Institut Pasteur, découvre l’existence d’une molécule antidouleur chez le rat, la sialorphine.

Elle se met donc à la recherche d'une molécule équivalente chez l'homme, qu'elle finit par identifier dans la salive. Il s'agit de l'opiorphine.

Chez le rat, cette dernière soulage les douleurs physiques et liées à l’inflammation, tout en se révélant plus puissante que la morphine : "1 milligramme d’opiorphine par kilo était aussi efficace que 3 à 6 milligrammes de morphine par kilo", conclut Catherine Rougeot en 2006.

Mais avant de tester l'opiorphine chez l'homme, encore fallait-il vérifier son innocuité.

C'est désormais chose faite, pour l'opiorphine et sa forme stabilisée, baptisée STR-324. "L’opiorphine et STR-324 sont sans effet sur la pression artérielle et sur la dépression respiratoire, tout en ayant les même propriétés analgésiques que la morphine", résume dans un communiqué le Dr Philippe Sitbon, anesthésiste-réanimateur à l'Institut Gustave Roussy et co-auteur de l'étude.

De plus, elle n'entraîne pas de dépendance.

Des essais chez l'homme fin 2017

Les différences entre l'opiorphine et la morphine sont en fait liées à leur mode d'action. "Lorsque l’on injecte de la morphine, celle-ci va se fixer au niveau de tous les récepteurs opioïdes de l’organisme avec des effets secondaires multiples selon les organes où se trouvent ces récepteurs", expliquent les chercheurs.

Quant à l'opiorphine, "elle bloque la dégradation des enképhalines, "notre morphine naturelle".

L’opiorphine agit uniquement là où il y a production importante d’encéphalites donc uniquement sur les voies de la douleur lorsqu’il y a une stimulation douloureuse", ajoutent-ils.

Efficace chez l'animal, comme le rat, STR-324 devrait être testé chez l'homme fin 2017.

Les chercheurs espèrent que cette molécule pourra soulager d’autres types de douleurs comme les neuropathiques, souvent difficiles à calmer par les antalgiques classiques, ou qu'elle pourra être bénéfique à des patients souffrant de douleur chronique et présentant des effets secondaires importants liés à leur traitement.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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