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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 06:17

Les capacités particulières de la moule ont inspiré la création d’une «colle», qui servirait lors d‘interventions sur le fœtus.

Vous ne regarderez plus les tas de moules de la braderie de Lille du même œil.

Ces petits mollusques pourraient bien permettre de résoudre un défi posé par la chirurgie fœtale.

Car oui, il est possible de faire de la chirurgie sur un fœtus encore dans le ventre de sa mère.

Pour refermer le trou laissé par cette opération, des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley développent une «colle» inspirée de celle qui permet aux moules de s’agripper n’importe où, même sur les rochers les plus glissants.

Les chercheurs ont présenté leurs travaux au 254ème Meeting &Exposition de l’American Chemical Society (ACS), le 20 août 2017.

Chirurgie fœtale et risque d’accouchement prématuré

La chirurgie fœtale permet de rectifier certaines anomalies du placenta ou malformations du fœtus qui doivent être corrigées avant la naissance.

Par exemple la «spina bifida», dans laquelle le tube neural -la partie qui deviendra le cerveau et la colonne vertébrale- ne se referme pas correctement, causant des dommages aux nerfs.

Pour régler ce genre de problèmes il y a quelques décennies, les chirurgiens devaient opérer «classiquement», en ouvrant.

À présent, ils peuvent utiliser de minces instruments pour faire l’opération, en passant juste par un petit trou.

Cependant, «un des plus gros risques associés à une chirurgie du fœtus, ça n’est pas la chirurgie en elle-même, mais plutôt l’insertion d’instruments dans le sac amniotique, qui est très fragile», commente le Dr Diederik Balkenende qui a dirigé l’étude.

Ce sac qui contient le liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus est si délicat qu’il ne peut pas cicatriser ou être facilement recousu.

«Après la chirurgie, le petit trou par lequel les instruments pénétraient sa fine paroi risque se déchirer.

S’il se déchire complètement, cela risque de déclencher le travail, prématurément.»

Parce que ces opérations sont souvent faites au second trimestre, bien avant que le fœtus soit complètement développé, un accouchement trop tôt augmente le risque de mortalité du fœtus.

«Un adhésif utilisé pour empêcher le sac amniotique de se déchirer pourrait lui permettre de rester dans l’utérus plus longtemps.»

Comme une moule à son rocher

Cependant, le refermer de cette façon est compliqué car la membrane est humide.

«Aucun adhésif pour cet usage n’a été approuvé par la Food &Drug Administration (autorité médicale américaine, NDLR)», précise Diederik Balkenende.

Pour résoudre ce problème, les chercheurs ont trouvé leur inspiration du côté des moules.

Les moules produisent une substance collante qui leur permet de s’accrocher aux rochers et aux coques de bateaux comme si leur vie en dépendait.

Même le choc régulier et parfois violent des vagues ne les décroche pas.

Dans ce cadre, elle ferait une «colle» idéale pour cet usage.

Les chercheurs ont donc développé une substance sous forme de gel, qui pourra être appliquée avec une seringue.

Néanmoins, il reste du travail pour faire passer l’adhésif en phase clinique (sur l’homme): les chercheurs sont encore en train d’améliorer leur produit et étudier sa biocompatibilité, et les tests précliniques sur animaux sont à compléter, selon le Dr Balkenende.

Ce type de colle est aussi envisagé pour d’autres applications, comme dans la réparation de la cornée ou des nerfs.

La moule à l'origine d'une nouvelle colle biologique pour la chirurgie.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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