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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 18:26

La qualité du sperme des Occidentaux a chuté de moitié ces quarante dernières années.

Les perturbateurs endocriniens en seraient la principale cause. Ils sont de moins en moins nombreux… et pourraient même venir à manquer.

Le nombre total de spermatozoïdes a diminué en moyenne de moitié entre 1973 et 2011, aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, selon une étude publiée dans la revue Human Reproduction.

Leur concentration dans un millilitre de sperme a suivi la même tendance.

Selon les chercheurs, ce phénomène serait lié aux perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques que l’on trouve dans les pesticides, qui dérèglent le système hormonal.

Une thèse que rejoint, et que nous explique, le Pr Stéphane Droupy, Chef du service d’urologie au CHU de Nîmes.

Pourquoi assiste-t-on à une baisse du nombre de spermatozoïdes?

Tout d’abord, il faut regarder la manière dont nous vivons, dont nous produisons et nous mangeons.

Depuis une quarantaine d’années, nous avons pris conscience d’un problème émergent dans le domaine de la santé reproductive: celui des «perturbateurs endocriniens», qui ont une forte incidence sur le développement de l’appareil génital de l’homme.

Ce dernier, pour se former dans le ventre de sa mère, a besoin de testostérone. Or nous savons que certains éléments chimiques, tels que les xénoestrogènes - des substances chimiques qui «miment» les hormones féminines - bouleversent le développement de l’appareil génital de l’embryon.

Résultat: l’enfant peut présenter des testicules qui ne descendent pas correctement ou des caractéristiques de l’appareil génital féminin (des reliquats d’utérus par exemple), bloquant la fertilité.

Quelles sont les conséquences de cette baisse?

Théoriquement, nous pouvons déduire de cette diminution de la concentration et du nombre de spermatozoïdes que les Occidentaux deviennent moins fertiles.

À partir du moment où un individu présente moins de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme, il est considéré comme infertile - selon l’étude, le nombre de spermatozoïdes moyen observé est encore de 81 millions/ml, tout pays confondu.

Cependant ce n’est pas le seul facteur qui intervient dans la fertilité de l’homme: la mobilité du spermatozoïde, plus difficile à étudier, n’a pas été prise en compte.

Que faudrait-il faire pour inverser la courbe?

Cela passe par de petites avancées.

Nous pouvons conseiller de mieux manger, de moins fumer et d’essayer de lutter à son échelle contre les pesticides et les polluants.

Pour les femmes enceintes, il faut faire d’autant plus attention et éviter de faire chauffer ses aliments dans des boîtes en plastique, par exemple.

Comment savoir, en tant qu’homme, si je suis fertile?

Il existe un examen médical, qui explore les différentes caractéristiques du sperme de l’homme: le spermogramme.

Ce test analyse, entre autres, le nombre de spermatozoïdes (qui doit être supérieur à 15 millions par millilitre) et le volume du sperme émis lors d’une éjaculation (qui doit dépasser 1,5 millilitre).

Après les données numériques, l’examen s’intéresse aussi à la vitalité et à la mobilité des spermatozoïdes.

Pour que l’homme soit considéré comme fertile, il faut que plus de 4% de ses spermatozoïdes soient normaux (avec une tête et un flagelle normaux).

La fertilité masculine est en baisse : rôle des perturbateurs endocriniens.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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