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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 07:59

L'Institut Pasteur est visé par une enquête judiciaire suite au transport non déclaré aux autorités sanitaires de virus hautement pathogènes.

Selon le responsable du centre de recherche, ces virus avaient été inactivés et ne représentaient aucun danger.

Coup dur pour l'Institut Pasteur.

Le célèbre centre de recherche français créé par Louis Pasteur est au cœur d'une enquête judiciaire, selon une information révélée par le journal Le Parisien le mercredi 8 mars 2017.

En réalité, l'enquête ne date pas d'hier mais a été ouverte en décembre 2016, suite aux révélations du Canard Enchaîné en octobre 2016, dans un article intitulé "Un virologue de l’institut Pasteur de Corée trimbale clandestinement un virus mortel sur un vol régulier".

Au centre de l'affaire, les conditions de transport, de conservation et de manipulation de virus redoutables entre la Corée du Sud et l'Institut en octobre 2015, sans autorisation préalable des autorités sanitaires (voire encadré ci-dessous).

Un incident non déclaré "Certes la déclaration n'a pas été effectuée à temps, mais il n'y a jamais eu de risque sanitaire car les échantillons étaient inactivés (NDLR : c'est-à-dire rendus non fonctionnels par un traitement chimique), s'est défendu auprès du Parisien le Pr Christian Bréchot, le directeur général de l'Institut Pasteur.

Le 11 octobre 2015, une scientifique de l'Institut Pasteur de Corée aurait transporté trois tubes d'échantillons du coronavirus MERS, un virus pouvant être mortel, à bord d'un vol Séoul-Paris.

Le tout rangé, dans une "petite boîte bleue" de produit cosmétique, aurait ensuite trouvé sa place sur une étagère dans le bureau d'un chercheur sans aucune mesure sanitaire supplémentaire.

Le transport des micro-organismes et toxines hautement pathogènes (MOT) est réglementé.

Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), "toute opération de production, fabrication, transport, importation, exportation, détention, offre, cession, acquisition ou emploi comportant l’utilisation d’agents pathogènes humains et de toxines mentionnés à l’article L 5139-1 doit faire une demande d’autorisation".

Il existe 6 types d’autorisations délivrées par le Directeur Général de l’ANSM.

En revanche, il n'y est pas mentionné explicitement la question des virus inactivés.

Nous avons posé la question à l'ANSM et attendons, au moment où nous écrivons ces lignes, ses précisions.

L'histoire aurait été révélée par une fuite dans la presse coréenne, entraînant la convocation immédiate de Christian Bréchot au ministère de la Santé.

Selon Le Parisien, le responsable de l'Institut y aurait "reconnu la non-déclaration de l'incident de MOT, passible de 350 000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement". 2 349 tubes de SRAS volatilisés

En mai 2014, deux ministres avaient accusé l'Institut Pasteur de négligences, suite à la perte de 2 349 tubes contenant des fragments du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

L'Institut avait précisé qu'ils n'avaient "aucun potentiel infectieux".

Les tubes étaient conservés dans un congélateur et leur perte avait été constatée en janvier de la même année lors d'un inventaire, mais signalée seulement deux mois plus tard à l'ANSM.

Cette dernière avait mené une inspection sans parvenir à déterminer ce qu'il était advenu des souches, concluant à "un problème de gestion de la traçabilité au sein de l'Institut".

Le professeur Christian Bréchot avait estimé que les tubes avaient probablement été détruits et "autoclavés" (stérilisés) sans que cela ait été noté.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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