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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 20:52

De notre envoyée spéciale au congrès sur le cancer, à Chicago.

Trois études présentées vont toutes dans le même sens : l'accompagnement psychologique du patient cancéreux n’est pas un luxe mais une nécessité.

PSYCHOTHÉRAPIE.

Le message est fort.

Premier thème abordé mis à l’honneur dès l’ouverture du 53e congrès de l'ASCO : la psychologie.

Souvent absente des communications ciblées sur les traitements, elle est pourtant essentielle.

Trois études, australienne, canadienne et suisse, le confirment.

La première étude a été réalisée à l’université de Sidney.

Pour la première fois une équipe, celle du Dr Jane Beith, s’est penchée sur la peur de la récidive.

Telle une épée de Damoclès, celle-ci plane en effet sur la tête d’un patient sur deux guéri ou en phase de rémission et de deux femmes jeunes sur trois en cas de cancer du sein.

Or, ses conséquences sont nombreuses : une moins bonne qualité de vie, la peur de l’avenir, une dépression, et parfois un moins bon suivi médical avec un oubli des consultations ou une moins bonne prise des médicaments.

C’est pourquoi le Dr Jane Beith a mené un travail original, baptisé vaincre la peur (Conquer Fear).

Pendant dix semaines, des séances de 60 à 90 minutes, toutes réalisées par des thérapeutes dûment formés, ont été proposées à environ 220 patients en rémission de différents cancers.

Au cours de ces séances, différents points étaient abordés.

Comme l’acceptation de la possibilité d’une récidive, l’apprentissage de stratégies de contrôle de l’inquiétude ou encore l’aide à se centrer sur de nouvelles attentes.

Deux groupes ont été constitués, bénéficiant ou pas de cet accompagnement original, non développé en routine, car faisant encore uniquement l’objet de recherches.

Un bénéfice encore visible six mois après Après différents questionnaires explorant cette notion de peur de la récidive, les auteurs ont montré que c’est bien dans le groupe activement soutenu que la crainte d’un retour du cancer a rapidement reculé.

Avantage supplémentaire, cet effet s’est aussi prolongé dans le temps et était toujours présent six mois après.

“C’est la première fois qu’une étude démontre ainsi les bienfaits psychologiques de l’accompagnement ”, a réagi le Dr Beith.

Le second travail a été conduit à Bale ( Suisse).

L’équipe du Dr Viviane Heiss a choisi ici non pas le face-à-face entre patient et psychologue, mais un accompagnement par l'intermdiaire du Web avec des modules audio ou écrits.

Là aussi, ont été notés une meilleure qualité de vie et un désarroi diminué dans le groupe soutenu, même sans présence directe du thérapeute.

Enfin, la troisième étude, canadienne, a été menée par le Dr Gary Rodin au centre Princess Margaret, à Toronto, chez des personnes atteintes d’un cancer à un stade avancé et au mauvais pronostic.

Dans cette étude dite CALM (Managing Cancer And Living Meaningfully), les familles ont été invitées aux séances qui étaient axées sur le contrôle des symptômes, le bien-être spirituel.

Résultat :

une réduction des signes de dépression et des patients plus à l’aise dans leur communication avec leurs médecins comme avec leurs proches.

Reste à former des équipes de psychothérapeutes à ces approches particulières de soutien, seule solution pour qu’une très grande majorité de patients puisse en bénéficier.

L'accompagnement psychologique lors du traitement du cancer est indispensable. Congrès de Chicago 2017.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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