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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:52

Un programme développé par DeepMind, une entreprise propriété de Google qui se spécialise dans l'intelligence artificielle, doit aider les médecins à améliorer leur diagnostic et les soins.

Pour bien fonctionner, une intelligence artificielle a besoin d'énormément d'informations, d'un caractère plus ou moins sensible.

Les données de plus d'1,6 million de patients anglais vont ainsi être analysées par un programme d'intelligence artificielle développé par Google, d'après les informations du site spécialisé New Scientist.

Cet accord d'exploitation aurait été signé entre DeepMind, une entreprise propriété de Google, et le Royal Free NHS Trust (qui dépend du service de santé public), qui gère trois hôpitaux à Londres.

Il prévoit l'accès aux données médicales des patients de ces établissements, ainsi que de ceux qui les ont fréquentés ces cinq dernières années.

Jusqu'ici, DeepMind était surtout connu pour AlphaGo, une intelligence artificielle qui a battu les champions européens et mondiaux de Go au début de l'année.

En février, DeepMind avait annoncé le développement d'une application dédiée au traitement des maladies du foie, en partenariat avec le NHS.

Néanmoins, le New Scientist affirme que l'accord prévoit un champ d'action bien plus large.

Les données récoltées ne concernent pas que ce problème spécifique mais aussi d'autres patients.

DeepMind préparerait une plateforme permettant d'analyser ces données: des dossiers médicaux, des parcours de soins, des résultats d'examens, etc.

Baptisée Patient Rescue, elle est censée aider le personnel médical dans ses décisions et diagnostics, et de prévenir les risques de maladie.

L'accord prévoit quelques limites à cette exploitation.

Google n'est pas autorisé à utiliser les données récoltées pour ses autres activités.

Elles doivent être stockées par une entreprise tierce située en Grande Bretagne, et non pas dans les locaux de DeepMind.

Toutes les données doivent par ailleurs être effacées à la fin de l'accord, en septembre 2017.

L'utilisation d'intelligences artificielles dans le cadre médical n'est pas une nouveauté. Watson, un programme développé par IBM, est par exemple utilisé par une dizaine d'établissements américains pour aider au traitement de patients atteints de cancer.

Il revendique des diagnostics en quelques minutes, là où un médecin peut passer des semaines à analyser des séquences ADN.

Les efforts de DeepMind dans la santé ont officiellement été dévoilés au mois de février, au moment de la signature de l'accord avec la NHS. Sur son site officiel, l'entreprise anglaise affirme vouloir «soutenir les médecins en leur apportant une expertise technique qui les aidera à soigner le mieux possible leurs patients.»

Ce genre d'initiatives provoque néanmoins les critiques des défenseurs de la vie privée, qui s'inquiètent de l'exploitation par des entreprises de données souvent très sensibles.

La Royal Free NHS Trust a précisé dans un communiqué que les données utilisées par DeepMind ne permettaient pas d'identifier les patients, et que leur transfert se faisait de manière chiffrée, c'est-à-dire sécurisée.

Néanmoins, l'accord dévoilé par le New Scientist fait bien mention de données identifiables, comme des noms, des numéros de sécurité sociale ou des photos.

L'institution n'a pas précisé la manière dont ses patients pouvaient réclamer le retrait de ces informations.

En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé fin avril le lancement d'une consultation en ligne sur le thème de l'ouverture et l'exploitation des données de santé.

La Loi Santé, adoptée par le parlement fin 2015, prévoit la création d'un système national des données de santé, qui seront préalablement anonymisées.

Certaines seront disponible en «open data», c'est-à-dire accessibles à tous.

Intelligence artificielle et diagnostic médical: elle est déjà là avec Google.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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