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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 06:39

Tout a commencé par un doigt qui bougeait tout seul. Il s’est dit que ce n’était pas grave.

Mais après quelque temps, le tremblement n’avait toujours pas cessé.

C’est alors que Michael J Fox, l’acteur principal de la trilogie Retour vers le futur a décidé de se rendre chez le médecin, qui, malheureusement, lui a diagnostiqué la maladie de Parkinson en 1991.

À l’époque, l’acteur américain n’avait que trente ans.

Comme lui, selon l’Association européenne de la maladie de Parkinson (European Parkinson’s Disease Association – EPDA), 6,3 millions de personnes sont atteintes de cette maladie de par le monde.

Les premiers symptômes de la maladie se manifestent généralement à partir de 60 ans, mais près de 10 % des patients sont diagnostiqués avant l’âge de 50, comme ce fut le cas pour l’acteur.

La maladie de Parkinson (MP) est une maladie neurodégénérative progressive qui entraine la disparition graduelle des cellules responsables de la production de dopamine, une substance chimique qui sert de neurotransmetteur, essentielle à la coordination des mouvements.

Ceci explique que les personnes atteintes de cette affection neurologique finissent par avoir des difficultés à marcher, parler ou même prendre soin d’elles-mêmes.

À ce jour, les scientifiques n’en connaissent toujours pas les causes précises ni le remède.

Cependant, une nouvelle étude menée par l’ Université d’Helsinki et l’Hôpital universitaire central d’Helsinki (Helsinki University Central Hospital – HUCH) pourrait apporter quelques éclaircissements à ce sujet.

Ces experts finlandais, dirigés par le neurologue Filip Scheperjans du département de neurologie de l’Hôpital universitaire d’Helsinki, ont été les premiers à montrer qu’il existait des différences entre le microbiote intestinal des patients atteints de la MP et celui des personnes en bonne santé et que ces différences pourraient être liées à la gravité des symptômes et au phénotype clinique de la maladie.

Cette nouvelle étude s’encadre dans une suite de recherches précédentes qui suggéraient que la MP pouvait avoir une origine gastro-intestinale.

Au cours d’une étude menée sur un groupe témoin de 72 sujets et 72 patients atteints de la maladie de Parkinson, Scheperjans et son équipe ont constaté que ces derniers comptaient beaucoup moins de bactéries de la famille Prevotellaceae dans leur intestin que leurs homologues en bonne santé.

Les chercheurs ont aussi détecté une corrélation directe entre la quantité de microbes du genre Enterobactericeae dans l’intestin des patients et le degré de gravité de leurs problèmes de mobilité et d’équilibre.

Plus la quantité d’Enterobacteriaceae était élevée, et plus les symptômes étaient graves.

Dans un article paru dans www.gutmicrobiotaforhealth.com, le Docteur Scheperjans expliquait que « l’abondance d’Enterobacteriaceae était liée à la gravité de l’instabilité posturale et des difficultés à la marche. Il existerait donc une connexion entre le microbiote intestinal et les symptômes moteurs de nos patients.

Notre étude est la première à démontrer les altérations de la composition du microbiote intestinal dans les maladies neurodégénératives.

» Actuellement, les chercheurs réexaminent ces mêmes patients afin de déterminer si ces différences sont permanentes et si les bactéries intestinales sont associées à la progression de la maladie, et de ce fait à leur diagnostic.

« Nous devrons en outre déterminer si les altérations de l’écosystème bactérien existaient déjà avant l’apparition des symptômes moteurs.

Nous tenterons évidemment d’établir les bases de cette connexion entre le microbiote intestinal et la maladie de Parkinson, le type de mécanisme qui les lie », ajoutait Sheperjans.

Cette nouvelle étude, financée par la fondation créée par Michael J. Fox (Michael J Fox Foundation for Parkinson’s Research) et la Fondation finlandaise pour le Parkinson, parue dans Movement Disorders, la revue clinique de la Société internationale de Parkinson et des mouvements anormaux (International Parkinson and Movement Disorder Society), vient étoffer la liste d’études récentes qui ont établi un rapport entre les microbes intestinaux et des maladies telles qu’obésité, dépression, schizophrénie et lupus.

Scheperjans et son équipe espèrent que les résultats obtenus puissent servir à créer un test de diagnostic pour la maladie de Parkinson et, éventuellement, à ouvrir la voie au développement de meilleures stratégies de traitement, voire de prévention, en se concentrant sur le microbiote.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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