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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 08:54

Dr Laurent Chevallier - Fipronil : on vous ment !

LePoint.fr



Par le Dr Laurent Chevallier

14,août 2017

Laurent Chevallier

Fipronil : on vous ment !

Le fipronil, un produit qui s'accumule dans l'organisme, est suspecté d'être un perturbateur endocrinien.

Face à la crise des œufs contaminés, les autorités estiment que le risque sanitaire est "très faible". Il n'en est rien, tonne le Dr Chevallier.

Comment les autorités peuvent-elles affirmer que le risque sanitaire est « très faible » en consommant des œufs contaminés au fipronil ?

S'agit-il une fois de plus d'un mensonge d'État, comme au début de plusieurs crises sanitaires ?

Le fipronil est un produit qui s'accumule dans l'organisme, dit « lipophile » (à l'inverse de substances comme le bisphénol A), autrement dit il y a un phénomène de bio-accumulation avec la consommation d'œufs contaminés, mais aussi avec la chair des poules infectées, car si les œufs le sont, c'est bien parce que l'animal que vous êtes susceptible de consommer l'est initialement.

Ainsi la fréquence et le degré d'exposition conditionnent la concentration en cette substance, que l'on soupçonne d'être un perturbateur endocrinien.

Or, cette concentration peut être non négligeable pour les forts consommateurs d'œufs, de produits dérivés et de chair de poule ( parties grasses).

Le risque sanitaire existe sur les plans digestifs, neurologiques et endocriniens, mais actuellement difficilement quantifiable individuellement.

D'où a minima la surprise devant les messages lénifiants venus d'organismes officiels qui jugent le produit « modérément toxique ».

Cela est d'autant plus surprenant que des chercheurs ont déjà souligné que les seuils de toxicité sont mal évalués, car les méthodologies employées dépassées.

Une fois de plus l'Europe, avec la réglementation actuelle, montre non seulement son incurie, mais encore son incapacité à protéger ses concitoyens.

Pousse-au-crime

La défaillance est patente en France qui semble vouloir alléger certaines contraintes réglementaires... Et ceci en prélude aux États généraux de l'agriculture.

Les états généraux de l'alimentation, une occasion manquée ?

Au lieu d'un Grenelle de l'alimentation, comme le proposait Nicolas Hulot, se tiendront des états généraux sous la houlette du ministère de l'Agriculture.
PAR LE PR LAURENT CHEVALLIER
Publié le 02/07/2017

Notre alimentation se dégrade déplore le Pr Laurent Chevallier.

Nicolas Hulot avait eu une excellente idée : préparer un Grenelle de l'alimentation.

Mais il s'agira en fait d'états généraux de l'alimentation, pilotés en grande partie par le ministère de l'Agriculture.

Or ce ministère est pour partie responsable de la situation de défiance des Français vis-à-vis de leur alimentation et, indirectement, de la situation financière catastrophique de nombreux agriculteurs.

Pourquoi ?

Parce qu'il n'a pas su imposer à Bruxelles le fait que les aides à l'agriculture doivent être réparties de manière à encourager ceux assurant une réelle qualité de travail et produisant une alimentation saine, notamment dépourvue de résidus chimiques, tout en préservant la planète.

C'est l'agriculteur qui plante des haies pour que les oiseaux puissent y nicher qui devrait être aidé, celui qui utilise le moins d'engrais possible, celui qui limite la production de gaz à effet de serre, qui ne pratique pas d'élevage hors sol…

Certes, l'administration donne en filigrane quelques clés pour contourner la réglementation, mais le ministère de l'Agriculture accepte pour la restauration dépendant des collectivités locales (écoles, lycées…) une réglementation européenne imposant de choisir des produits issus de l'Union, et non de privilégier les produits locaux.

Par ailleurs, qui a dénoncé l'utilisation effrénée de multiples produits chimiques déversés dans les champs, et l'alimentation qui en découle ?

C'est bien l'alerte citoyenne, et pas, ou insuffisamment, les autorités, notamment en ce qui concerne les perturbateurs endocriniens.

Et quid des nanoparticules utilisées par les industriels de l'agroalimentaire sans contrôle réel ?

Les fraudes à grande échelle se multiplient, les contrôles sont trop limités et insuffisamment suivis d'effets.

Si la traçabilité s'est améliorée, notamment concernant les viandes, n'importe quel produit alimentaire venant de Chine et ayant subi une petite transformation en Europe devient un produit européen sur son étiquetage.

C'est légal, mais est-ce acceptable ?

Prévenir les maladies

Alors va-t-on encore assister, avec ces états généraux, à une de ces manifestations lénifiantes, alors que la priorité est de modifier profondément les aides aux agriculteurs pour qu'ils puissent vivre dignement tout en renforçant la qualité de leurs produits avec moins, ou plus du tout de contaminants chimiques ?

Il est également impératif de changer le cadre législatif face au développement de la fraude dans l'agrobusiness, et de l'imposer à tous les pays européens : accepter la libre circulation des marchandises, mais avec des conditions renforcées.

La priorité est surtout de prévenir toutes ces maladies qui se développent, liées en grande partie à des facteurs environnementaux comme les allergies, l'asthme, de multiples troubles digestifs, neurologiques, certains cancers…

Le ministère de la Transition écologique a la légitimité pour donner une vision globale. Nicolas Hulot, en tant que ministre d'État, a un droit et un devoir d'ingérence sur les autres ministères, il doit l'utiliser vis-à-vis des ministères de l'Agriculture et de la Santé, pour le plus grand bien des populations et de la planète.

Dr Laurent Chevallier - Fipronil : on vous ment !  Souvenez vous du nuage de Tchernobyl ...

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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