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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 18:53

Par le pouvoir du sang des dragons

Le sang des plus grands lézards de la planète contient des substances qui pourraient aider à combattre les bactéries pathogènes qui résistent aux antibiotiques.

La mythologie abonde d’histoires sur les dragons et les propriétés magiques de leurs entrailles.

D’après les récits, le plus précieux et le plus recherché est leur sang, censé guérir les troubles respiratoires et digestifs.

Or une étude vient de confirmer la puissance de ce remède de fiction. Barney Bishop et Monique van Hoek, de l’université George Mason, en Virginie, rapportent dans The Journal of Proteome Research que le sang du dragon de Komodo est truffé d’éléments qui pourraient servir d’antibiotiques.

Le dragon de Komodo, le plus grand lézard de la planète, vit dans certaines régions d’Indonésie. Il attaque de gros animaux, comme les buffles d’eau et les daims, en les mordant à la gorge.

Si la proie ne tombe pas immédiatement, le dragon continue rarement le combat : il n’insiste pas et laisse le mélange de venin et de bactéries pathogènes que contient sa salive finir le travail.

Il traque sa proie jusqu’à ce qu’elle succombe et peut alors festoyer sans avoir eu à lutter.

Chose curieuse, le dragon de Komodo semble résister aux morsures infligées par les autres dragons. Insensibles aux morsures

La plupart des animaux, pas seulement les dragons de Komodo, sont porteurs de protéines simples appelées “peptides antimicrobiens” (AMP) qui leur servent à combattre les infections.

Or si les AMP du dragon de Komodo lui permettent d’ignorer les morsures de ses congénères, c’est qu’ils doivent être particulièrement efficaces.

Ce qui en ferait une source de composants chimiques prometteuse pour fabriquer de nouveaux antibiotiques.

Il faut cultiver nos bactéries

Barney Bishop, en collaboration avec le St Augustine Alligator Farm Zoological Park [le plus vieux zoo de Floride, fondé en 1893], a obtenu du sang frais de dragon de Komodo.

Il en a étudié les peptides en cherchant ceux ayant une masse, des dimensions, des charges électriques et des caractéristiques chimiques moléculaires similaires à celles des peptides antimicrobiens connus.

Il a ensuite procédé à une analyse au spectromètre de masse [un équipement permettant d’analyser des composés organiques en déterminant leur masse moléculaire] et, grâce à la combinaison de logiciels du commerce et d’un programme maison, il a repéré lesquels, parmi ceux récemment découverts, comportaient un potentiel médical.

48 nouveaux peptides antimicrobiens

L’équipe a recensé 48 AMP potentiels qui n’avaient jamais été identifiés auparavant.

Les premiers tests se sont montrés tout aussi prometteurs.

Monique van Hoek a exposé deux espèces de bactérie pathogène, Pseudomonas aeruginosa [qui sévit surtout en milieu hospitalier] et Staphylococcus aureus [staphylocoque doré, responsable notamment d’intoxications alimentaires], à huit des peptides les plus prometteurs.

Sept d’entre eux ont considérablement entravé la croissance des deux espèces de bactérie, le huitième n’a été efficace que contre P. aeruginosa.

Ces résultats sont remarquables.

Les bactéries résistantes aux antibiotiques posent un problème croissant dans les hôpitaux.

Elles tueraient 700 000 personnes par an dans le monde, et P. aeruginosa et S. aureus sont à l’origine de la plupart des types de bactérie les plus menaçants.

Elles figurent dans la liste des “agents pathogènes prioritaires” publiée pour la première fois par l’Organisation mondiale de la santé le 27 février.

Les résultats de Barney Bishop permettent de supposer que le sang de dragon pourrait être aussi utile contre les maladies que le veut le mythe.

Des antibiotiques nouveaux découverts dans le sang des lézards.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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