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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 06:36

C’est la promesse de la découverte fondamentale réalisée dans un laboratoire de l’université Paris-Diderot.

Un catalyseur à base de fer permet à la molécule de CO2, dissoute dans un liquide, de perdre progressivement ses atomes d’oxygène qui sont alors remplacés par des atomes d’hydrogène pour former du méthane.

. L’article qui paraît ce lundi 17 juillet 2017 dans Nature a tout pour exciter.

Ses coauteurs Heng Rao, Luciana C. Schmidt, Julien Bonin et Marc Robert du laboratoire d’électrochimie moléculaire de l’université Paris-Diderot – Sorbonne Paris-Cité y démontrent comment, sans autre apport d’énergie que la lumière solaire, à pression et température ambiantes, la molécule de dioxyde de carbone (CO2) subit une transformation radicale pour donner du méthane (CH4).

“Il s’agit de recherche fondamentale, mais ce que nous avons mis en évidence est prometteur, expliquent Julien Bonin et Marc Robert.

Nous avons mis au point un système liquide à plusieurs composants dans lequel le CO2 dissous se transforme progressivement en méthane grâce à la lumière solaire et à une molécule à base de fer qui permet d’accélérer la réaction.”

Cette découverte emprunte beaucoup au biomimétisme puisque les chercheurs avouent s’être inspirés du rôle du fer comme constituant de l’hémoglobine permettant aux globules rouges de transporter l’oxygène dans le sang.

Une découverte qui ouvre la voie au recyclage du CO2 Les phénomènes chimiques en jeu ont de quoi dérouter surtout quand on sait que le CO2 est particulièrement inerte et réfractaire à toute transformation.

Ici pourtant, celui-ci se sépare de ses atomes d’oxygène pour prendre des atomes d’hydrogène.

“Ces derniers sont présents dans la solution sous forme de petites quantités d’eau (H2O) mais peuvent aussi être issus d’une amine, un composé chimique qui intervient ici comme cocatalyseur”, poursuivent Julien Bonin et Marc Robert.

Le processus est encore loin d’être compris dans ses moindres détails.

Les chercheurs ont pu décrire la première étape du processus, celle où le CO2 perd un atome d’oxygène pour former du monoxyde de carbone (CO).

“Notre travail va désormais consister à comprendre comment la deuxième liaison carbone-oxygène est rompue et comment viennent se lier quatre atomes d’hydrogène au carbone”, poursuivent les chercheurs.

Ce n’est qu’à partir d’une connaissance approfondie des phénomènes mis en jeu qu’on pourra espérer contrôler et réaliser à plus grande échelle une réaction qui, actuellement, se déroule dans l’équivalent d’un verre à eau.

Malgré tout, l’article de ce jour a tout du départ d’une nouvelle histoire énergétique, le point zéro d’une révolution dans la façon de concevoir les carburants.

Car on peut désormais rêver à une économie circulaire à grande échelle.

Le CO2 est en effet un gaz à effet de serre émis en grande quantité par les activités humaines et à l’origine du réchauffement climatique en cours.

Ses usages industriels sont limités, mais si demain il devait servir de base à la fabrication de gaz utilisable aussi bien dans l’industrie que dans les transports, alors se mettrait en place un circuit de recyclage idéal.

Le CO2 émis par le CH4 consommé dans les moteurs serait ainsi réutilisé pour faire du carburant, et ce sans qu’il soit besoin d’une source d’énergie autre que la simple lumière du soleil.

Découverte française : comment fabriquer du méthane avec la seule lumière solaire. Nouvelle application du biomimétisme ( hémoglobine ). Et combat l'effet de serre par un recyclage bouclé.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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