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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 09:01

De Niro promet 100 000 dollars à qui prouvera que les vaccins sont sans danger 


L'acteur américain Robert De Niro est en croisade contre les vaccins.

La star hollywoodienne, convaincue que l'autisme de son fils est imputable à un vaccin, est sous le feu des critiques depuis qu'elle s'est personnellement impliquée dans une campagne anti-vaccination.

Mercredi, Robert De Niro a tenu une conférence de presse aux côtés de l'avocat et militant anti-vaccination Robert F. Kennedy Jr. sur la sécurité des vaccins, rapportent plusieurs médias anglo-saxons.

Les deux hommes ont annoncé qu'ils avaient décidé d'offrir la somme de 100 000 dollars (95 000 euros) à qui pourrait prouver que le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons était totalement sans danger pour la santé.

Ainsi, pour l'épidémie de rougeole qui est (ré)apparue depuis 2008 en France, plus de 3000 cas ont été identifiés pour le seul mois de mars.

Au total, près de 15000 cas ont été répertoriés depuis 2008, une situation jugée "extrêmement préoccupante" par le Dr Didier Houssin, directeur général de la santé. Très contagieuse - un malade peut, à lui seul, contaminer une vingtaine de personnes - cette maladie se répand dans toute l'Europe désormais, la France détenant le record au point de devenir "exportatrice", note le Dr Françoise Weber, responsable de l'Institut national de veille sanitaire.

Un vaccin sans mercure, ni aluminium ni adjuvant

Or, 1 300 000 personnes, âgées de 6 ans à 29 ans, ne sont pas immunisées à ce jour.

Le vaccin ROR (pour rougeole, oreillons, rubéole) a beau ne contenir ni adjuvant, ni mercure ni aluminium, il a beau n'engendrer que de rares et modérés effets secondaires (une fièvre dans 3% des cas, une rougeur sur la peau pour 2% des enfants vaccinés), rien n'y fait: en 2010, 82% des personnes touchées par la rougeole n'étaient pas vaccinées, et 13% n'avaient reçu qu'une seule dose au lieu des deux recommandées.

Conséquences: en 2010, sur les 5000 cas déclarés environ, près un tiers ont été hospitalisés, dont 46% avaient plus de 20 ans.

Avec, à la clé, des risques non négligeables de complications, notamment des pneumonies et des encéphalites pouvant provoquer des handicaps irréversibles.

Comment expliquer une telle réticence de la population à se faire vacciner?

Plusieurs facteurs ont été identifiés. La crainte d'effets secondaires, toujours possibles, est le premier d'entre eux.

Le fait, également que l'on soit progressivement passé, depuis les années 70, d'une vaccination obligatoire à une vaccination recommandée (comme pour le vaccin contre la grippe pour les personnes âgées par exemple), alors même que, dans l'esprit du grand public, "recommandé" est compris, à tort, comme facultatif alors qu'en réalité il signifie "indispensable" en termes de santé publique.

Mais il y a aussi des oppositions d'ordre religieux ou philosophiques, contre lesquelles il est difficile de lutter de façon rationnelle. Il y a, enfin le fait que, paradoxalement, la vaccination soit victime de son propre succès.

Ces dernières années ont en effet vu arriver sur le marché de nouveaux vaccins, dont celui contre l'hépatite B, le pneumocoque, ou encore celui contre les papillomavirus et le cancer du col de l'utérus pour les très jeunes filles.

Du coup, certains parents ont le sentiment de passer leur vie chez le pédiatre à faire vacciner leurs enfants!

Or, en matière de vaccination, la fameuse "balance bénéfices/risques" est très délicate.

Car les risques perçus sont avant tout d'ordre individuel ("Est-ce que je risque d'avoir des effets secondaires?"), quand le bénéfice, lui, est essentiellement d'ordre collectif, puisqu'il faut que 95% de la population générale soit effectivement vaccinée pour que l'on puisse éradiquer une maladie.

Autant dire que les pouvoirs publics vont devoir, dans les prochaines années, faire preuve d'un sens de la pédagogie et de l'intérêt général qui fait à ce jour cruellement défaut.

afp.com/KENA BETANCUR Par LEXPRESS.fr , publié le 17/02/2017

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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