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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 07:02

Les patients en attente de greffe recevront-ils un jour des organes...de porc ?

L'idée peut paraître surprenante mais ces animaux présentent en réalité d'étonnantes similitudes avec l'homme quant à la taille et au fonctionnement de leur cœur, de leurs poumons ou de leurs reins.

Autre avantage de taille : il est facile de les élever en grand nombre en vue de greffes temporaires ou permanentes chez l'homme.

Mais outre la possibilité de rejet, la transplantation interespèce (nommée xénogreffe) se heurte également à plusieurs obstacles de taille dont le virus endogène porcin (PERV), un virus qui pourrait être transmis à l'homme.

Celui-ci pourrait notamment entraîner une immunodéficience et la création de tumeurs chez le receveur.

Publiée dans la revue Science le 10 août 2017, une étude internationale met cependant en lumière les résultats encourageants de l'entreprise eGenesis dans la création de porcs non porteurs du rétrovirus PERV.

Les ciseaux génétiques CRISPR/Cas9 pour retirer les "gènes PERV"



Le PERV est en réalité l'un des stigmates d'une précédente infection virale.

Présent sous forme d'ADN viral, il a été incorporé au sein même du génome du porc et se transmet ainsi au fil des générations.

Pour l'éliminer, les scientifiques ont tout d'abord prélevé le noyau d'une cellule œuf de porc et ont entrepris de découper l'ADN qu'il contenait avec la célèbre technique dite de CRISPR/Cas9.

Cette méthode permet aux scientifiques de modifier la séquence d'ADN qu'ils souhaitent en orientant une protéine ciseau Cas 9 grâce à une séquence guide.

En utilisant une séquence propre au PERV, l'équipe d'eGenesis est ainsi parvenue à découper et retirer les gènes propres au virus.

Les noyaux cellulaires ainsi modifiés ont ensuite été réimplantés dans des ovocytes prélevés chez une truie d'un abattoir chinois avant d'être introduits dans l'utérus d'une autre.

A la fin de l'expérience, les tissus de 37 cochons ont été testés et aucune trace du rétrovirus PERV n'a été découverte.

Les animaux semblent par ailleurs en bonne santé.

Pour autant, la transplantation cardiaque ne semble pas encore à l'ordre du jour.

Avant de passer aux expérimentations humaines, les chercheurs doivent d'abord lever les interactions toxiques entre les organes de porc et le sang humain.

Une étape décisive pour permettre toute xénotransplantation entre les deux espèces.

CRISPR 9 permet la greffe de coeur de porc chez l'homme. Nouvelle révolution à venir.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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