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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 20:28

Climat : la Nasa contredit Donald Trump

Donald Trump va t-il devoir excommunier les climatologues de la Nasa ?

Ceux-ci, en coopération avec l’Université Columbia de New York, surveillent le climat planétaire et, mois après mois, en publient leur analyse.

La dernière, tout juste publiée ici, montre que le mois de mars 2017 confirme l’envolée des températures.

Avec une température moyenne planétaire de 1,13°C de plus que la référence climatologique (1951/1980) le mois de mars 2017 affiche un écart encore plus sensible qu’en janvier et février, et uniquement dépassé par mars 2016.

Au total les trois premiers mois de l’année se situent tout juste derrière ceux de 2016.

Sauf que l’an dernier, un puissant El Niño expliquait en partie ce record. Comme l’indique de long ovale rouge visible sur l’Océan Pacifique sur le graphique de 2016. En 2017 nul Niño en vue.

Mais une planète où très rares et plutôt petites sont les régions affichant une température inférieure à la moyenne.

On peut noter en particulier des températures très au dessus de leur climatologie en Arctique.

Ce qui est logique puisque l’étendue de la banquise est singulièrement petite cette année, peu avant son maximum saisonnier.

Comme l’indique ce graphique qui montre l’évolution de son étendue en mars depuis 1979, avec un déclin inexorable : Étendue de la banquise arctique (au moins 15% de la surface de la mer est gelée) en mars, vue par satellites depuis 1979.

Du coup, la courbe de la température planétaire persiste à tirer la sonnette d’alarme :

Evolution de la température moyenne de la planète en référence à la période 1880/1920.

Avec une température sur les 12 derniers mois de 1,2°C au dessus de la période de référence 1880/1920, celle qui permet de comparer avec les objectifs climatiques de la Convention des Nations Unies sur le climat, le signal est au rouge vif. Il montre que l’objectif beaucoup trop ambitieux de ne pas dépasser 1,5°C de plus que cette référence pourrait être obsolète d’ici 2050.

Puisqu’il existe encore de nombreux « climato-sceptiques » persuadés que la science climatique et ses modèles numériques ne peuvent que « se tromper » comme disait un certain Claude Allègre, il n’est pas inutile de faire un peu de rétro-prévision.

Que disaient ces fameux modèles en 1988, l’année où le GIEC a été créé, du futur climatique immédiat ?

Voici la réponse sous la forme d’un graphique qui reproduit celui publié par l’équipe de James Hansen en 1988 où étaient noté des prévisions de trois modèles numériques et sur lequel a été ajouté l’observation du climat réel.

Le graphique montre que le climat réel s’approche du pire des scénarios; et que les températures actuelles commencent à dépasser celles de l’optimum holocène (l’Altithermal, vers 7 000 avant JC) et de l’interglaciaire précédent (l’Eémien, il y a environ 130 000 ans, avec un niveau océanique beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui). Graphique publié en 1988 mis à jour avec les observations du climat réel (stations météo et analyse terres et océans).

Malgré ces observations, Donald Trump demeure fidèle à son credo : le changement climatique, c’est de la foutaise… ou plutôt… une invention chinoise, (en a t-il parlé au Président Xi Ping lors de sa récente rencontre avec lui ?) :

D’ailleurs, il a nommé Scott Pruitt, comme patron de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), lequel estime que les Etats-Unis devrait se retirer de l’Accord de Paris sur le climat signé lors de la COP-21 en décembre 2015.

La Maison Blanche, de son côté, annonce une décision sur ce point en mai prochain.

Dans un tel contexte politique, on imagine la perplexité des climatologues de la Nasa.

L’Etat va t-il longtemps les payer à répéter tous les mois que le Président raconte des sornettes ?

C’est l’une des raisons pour lesquelles ils seront très nombreux dans la rue, le 22 avril prochain, pour une « march for science » qui promet de très nombreuses manifestations, aux Etats-Unis, mais aussi dans le monde, y compris en France, pour des objectifs résumés ainsi par l’association Sciences en marche :

Défendre la méthode scientifique face aux opinions et idéologies préconçues. Montrer le soutien citoyen à l’indépendance des recherches publiques. Renforcer le dialogue entre sciences et société et définir ensemble la place des sciences dans la société.

Promouvoir la culture scientifique et les sciences participatives.

Convaincre les politiques de mieux prendre en compte les résultats scientifiques dans leurs décisions.

Climat : la Nasa contredit Donald Trump.
Climat : la Nasa contredit Donald Trump.
Climat : la Nasa contredit Donald Trump.
Climat : la Nasa contredit Donald Trump.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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