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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:30

Le centre hospitalier de Pau vient de se doter d'un nouvel équipement de pointe permettant l'ablation tumorale par micro-ondes.

Hier, l'équipe du docteur Olivier Bonnefoy, du service radiologie interventionnelle de l'hôpital de Pau a pratiqué sa vingtième destruction tumorale grâce à une toute nouvelle technique.

L'ablathermie par micro-ondes, ici pratiquée sur un patient de 51 ans atteint d'un cancer primitif du foie, lui a évité un traitement par chimiothérapie.

Très efficace et peu invasif, ce procédé non chirurgical s'ajoute à la liste des dispositifs de traitement du cancer guidés par l'image déjà existants à l'hôpital de Pau.

« Seuls trois grands centres anticancéreux l'ont développé : l'Institut Gustave-Roussy à Villejuif, le CHU de Strasbourg et l'Institut Bergonié à Bordeaux », indique le directeur Christophe Gautier.

Cette technique italienne - dont l'autorisation de mise sur le marché français a été délivrée il y a un an - affiche des résultats très satisfaisants et a fait l'objet de plusieurs publications dans des revues médicales.

« Tous les CHU de l'Hexagone devraient en être équipés très vite », ajoute-t-il.

Plus de patients pourront être pris en charge « Griller » une tumeur cancéreuse grâce à la radiofréquence, n'est pas une technique nouvelle.

Elle existe en France depuis une dizaine d'années, mais elle se limite aux tumeurs de moins de 3 cm et n'est pas pertinente sur des zones proches de vaisseaux sanguins.

Ce nouvel équipement résout ces deux problèmes, tout en réduisant de moitié le temps d'intervention.

En utilisant les micro-ondes, on peut agir pour un plus grand nombre de tumeurs : celles de 3 à 7 cm et/ou situées près d'une zone vascularisée.

Pour ces cas-là, seule la chimiothérapie et la chirurgie étaient proposées. Soit un cas sur deux de cancer.

Nécrose complète de la tumeur

Cette technique permet donc en 10 minutes maximum de détruire physiquement le tissu tumoral.

C'est un radiologue et non un chirurgien qui effectue les gestes salvateurs.

Tout d'abord, une fine aiguille de 1,5 mm est enfoncée dans le corps du patient et traverse la tumeur de part en part.

Cette sonde est reliée à un générateur qui envoie des micro-ondes (jusqu'à 120 watts de puissance) chauffant les molécules d'eau des tissus cancéreux.

La température peu atteindre 80 °C et nécrose totalement la zone.

Puis le radiologue place le patient dans le scanner afin de bien vérifier le succès de l'opération.

« En agissant ainsi, on peut voir tout de suite s'il reste des tissus cancéreux, en général, ça n'est pas le cas car nous prenons bien soin d'agir sur une zone un peu plus grande que la tumeur.

Cette technique très peu invasive nous permet de recommencer immédiatement si besoin est et de traiter plusieurs tumeurs à la suite », explique le docteur Olivier Bonnefoy.

De plus en plus de cancers concernés

Déjà pratiquée sur environ 600 patients en Italie, cette technique est proposée dans les cas de cancers du poumon, du rein, de l'os, du foie et va se développer à terme pour les cancers de la thyroïde, du sein et de l'utérus.

Une seule maladie non-cancéreuse peut être traitée par cette technique : l'ostéome ostéoïde.

Au total l'intervention dure moins d'une heure.

Le patient reste tout de même une nuit en observation et retourne chez lui le lendemain matin.

===> Le chiffre 20.

C'est le nombre d'interventions qui ont déjà été effectuées à l'hôpital de Pau grâce à cette nouvelle technique appelée ablathermie par micro-ondes, disponible à Pau depuis le mois d'août 2010.

==> 100 % de nécrose complète.

Sur les dix-neuf cas déjà traités au centre hospitalier de Pau, la totalité des tumeurs ont présenté une nécrose complète après l'intervention par ablathermie.

Le patient le plus âgé avait 80 ans.

200 cas par an. Le service de radiologie interventionnelle du docteur Bonnefoy n'utilise bien sûr pas que cette technique et traite 200 cas de cancer chaque année. 1 818 patients hospitalisés.

En 2010, le centre hospitalier de Pau comptait 1 818 patients hospitalisés atteints d'un cancer.

Ce chiffre est en constante augmentation puisqu'ils étaient 1 691 en 2008 et 1 749 en 2009.

© larepubliquedespyrenees.fr 2017

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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