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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 18:56

Les Thaïlandais raffolent du "Koi Pla", un plat traditionnel à base de poisson cru, de jus de citron et d'épices.

Mais le poisson utilisé est souvent porteur d'un parasite à l'origine d'un cancer du foie.

Ce n'est qu'une fois à la faculté de médecine que Narong Khuntikeo a découvert la cause du cancer du foie qui a emporté ses deux parents : un plat de poisson du nord de la Thaïlande dont ils raffolaient.

Comme des millions d'habitants de l'Issan, région rurale du nord-est du royaume, sa famille cuisinait régulièrement du "Koi Pla", plat traditionnel à base de poisson cru, de jus de citron et d'épices.

Ce plat à l'odeur et au goût puissants se prépare rapidement et ne coûte pas cher, mais le poisson utilisé est souvent porteur d'un parasite à l'origine d'un cancer du foie, le cholangiocarcinome.

Un cancer rare dans le monde

Ce cancer agressif fait 20.000 morts chaque année en Thaïlande, un pays qui détient le record mondial de cette maladie, rare ailleurs. Il touche 84 hommes sur 100.000 en Thaïlande, contre 1 sur 100.000 aux États-Unis, à titre de comparaison.

En Thaïlande, la plupart des malades sont issus de cette région pauvre de l'Issan.

Le parasite est fréquent dans les eaux du bassin du Mékong.

Une fois ingéré, le ver peut vivre pendant des années dans le foie de l'individu, sans se faire remarquer, mais il cause une inflammation du foie dégénérant souvent en cancer.

Avec des collègues médecins et des scientifiques, Narong Khuntikeo parcourt les villages de l'Issan afin de mettre en garde la population contre la consommation de ce plat.

Mais changer les habitudes alimentaires dans cette région à la gastronomie largement basée sur ce type de mets à base de poissons fermentés et d'épices n'est pas facile.

Le dépistage se développe, notamment car depuis 2016, les autorités sanitaires de Thaïlande ont fait de ce problème une priorité nationale.

Un programme, baptisé CASCAP (pour "Cholangiocarcinoma Screening and Care Program"), a été lancé à l'Université de Khon Kaen, la grande ville étudiante de l'Issan.

Des consultations gratuites sont organisées dans les villages de la région, pour éviter que les patients n'arrivent trop tard dans les services de cancérologie.

Ce jour-là, sur les 500 villageois examinés, un tiers présente des troubles du foie et quatre se voient diagnostiquer un probable cancer.

Cancer du foie et parasite hépatique.

Opisthorchis viverrini est un trématode de la famille des Opisthorchiidae qui peut parasiter les voies biliaires humaines.

L'infection se fait par ingestion de poissons crus ou insuffisamment cuits[2]. Il provoque une maladie appelée opistorchiase[3].

Sa présence prédispose les personnes infectées à un cholangiocarcinome, un cancer de la vésicule et/ou des voies biliaires.

Opisthorchis viverrini (avec Clonorchis sinensis et Opisthorchis felineus) est l'une des trois espèces les plus importantes -d'un point de vue médical- de la famille des Opisthorchiidae[3].

Il est endémique dans toute la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge[4]. Il est très répandu dans le Nord de la Thaïlande, avec une prévalence élevée chez les humains, tandis que dans le centre, il a un faible taux de prévalence[5], environ 6 millions de personnes sont infectées par Opisthorchis viverrini[2],[6].

L'opistorchiase ne se rencontre pas dans le sud de la Thaïlande[5].

Cancer du foie et parasite hépatique.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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