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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:28

« L'aspirine peut-elle protéger du cancer ? »

Delphine Chayet note que « les scientifiques soupçonnent depuis de nombreuses années que les effets bénéfiques de l’aspirine ne se limitent pas à soulager la fièvre et les maux de tête.

L’hypothèse d’une action protectrice contre le cancer, déjà suggérée par des données encourageantes sur le côlon et le poumon, est aujourd’hui renforcée par la publication d’une étude sur le cancer du sein ».

La journaliste indique ainsi que cette étude, parue dans Breast Cancer Research, « met en évidence une réduction du risque chez les femmes qui consomment régulièrement de l’aspirine à faible dose.

Les scientifiques cherchent à comprendre le mode d’action de ce médicament, dans l’espoir de pouvoir le proposer, à terme, à titre préventif ».

Delphine Chayet explique que « ce sont plus de 57.000 enseignantes qui ont été suivies pendant 20 ans par l’institut de recherche californien City of Hope.

Elles ont été interrogées une première fois en 1995 sur leurs antécédents familiaux, leurs modes de vie, leur statut hormonal, leurs poids et taille, facteurs qui peuvent influencer l’apparition d’un cancer du sein. Leur consommation d’aspirine et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) a aussi été passée au crible ».

La journaliste relève que « près d’un quart des patientes absorbaient, au moins 3 fois par semaine, 81 milligrammes d’aspirine - l’équivalent de notre «dose nourrisson» ».

[…]

Chez ces femmes, le risque de développer une tumeur mammaire s’est révélé inférieur de 16% à celui de l’ensemble des participantes ».

Christina Clarke, principal auteur, remarque ainsi :

« Nous n’avons pas relevé de résultat similaire avec d’autres antidouleur, comme l’ibuprofène, ni même avec l’aspirine quand elle est consommée à plus forte dose - par exemple pour soulager une migraine ».

Delphine Chayet ajoute que « les chercheurs ont aussi distingué les résultats obtenus en fonction du type de tumeur.

En janvier 2013, près de 1500 femmes de la cohorte avaient finalement développé un cancer du sein invasif.

Or la diminution du risque corrélée à la prise d’aspirine s’est avérée plus marquée, atteignant 20% pour certaines tumeurs (avec récepteurs hormonaux positifs et HER2 négatifs, qui sont les plus fréquentes) ».

Bernard Jégou, directeur de recherche à l’Inserm, réagit : « Il existe désormais une convergence d’études épidémiologiques sérieuses sur l’effet de l’aspirine dans la prévention de certains cancers. Nous devons absolument en explorer le mécanisme par des études expérimentales, car il nous permettra peut-être de trouver des traitements ciblés ».

La journaliste indique que « plusieurs hypothèses sont avancées pour tenter de l’expliquer », le Pr Leslie Bernstein (City of Hope) relevant que « cette molécule présente un léger effet inhibiteur d’une enzyme appelée aromatase, qui permet la production des œstrogènes après la ménopause ».

Delphine Chayet note ainsi que « c’est sur le fonctionnement de cette enzyme qu’agissent les traitements hormonaux anticancéreux.

L’effet anti-inflammatoire de l’aspirine est une autre hypothèse avancée ».

La journaliste souligne que cette étude « doit cependant être lue avec précaution.

Elle pointe une association, mais ne démontre pas une éventuelle relation de cause à effet entre consommation d’aspirine et diminution du risque.

C’est un travail «exploratoire», confirme le Dr Suzette Delaloge, oncologue à l’Institut Gustave-Roussy, qui «ne peut en aucun cas conduire à une recommandation de l’aspirine en traitement de prévention» ». «

Par ailleurs, la prise chronique de l’antalgique, même à faible dose, n’est pas anodine car elle comporte un risque de saignements internes.

Un effet secondaire rare, mais qui fait pencher le rapport bénéfice-risque en sa défaveur », poursuit Delphine Chayet. La journaliste rappelle néanmoins qu’« aux États-Unis, l’aspirine a été inscrite pour la première fois, en 2016, dans une stratégie de prévention du cancer colorectal. […]

Le bénéfice pourrait-il s’étendre aux personnes souffrant déjà d’un cancer ?

C’est ce que suggérait l’an dernier une revue de littérature publiée dans Plos One, portant sur le sein, l’intestin et la prostate.

Ici, la consommation de faibles doses d’aspirine, en plus des traitements habituels, était associée à une réduction des décès de 15 à 20% et une moindre diffusion de la tumeur ».

LeFigaro.fr

Aspirine et cancer: nouvelle publication.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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