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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 15:16

Entre 1972 et 1976 une équipe écossaise recrutait 8 353 femmes et 7 049 hommes âgés de 45 à 64 ans pour l’étude d’observation Renfrew and Paisley. C’est un sous-groupe de cette cohorte qui sert aujourd’hui de base à de nouveaux travaux. Plus précisément le sous-goupe des femmes n’ayant jamais fumé.

Il est en effet acquis que les femmes des classes sociales les plus défavorisées, ou ayant un niveau d’études inférieur ont une moins bonne santé que les femmes ayant de plus hauts revenus. Mais la relation avec le tabagisme rend l’interprétation de ce constat délicate, en tous cas dans les pays du nord de l’Europe, où dans les 50 dernières années est apparu un véritable gradient social du tabagisme.

Les femmes des classes sociales les plus aisées ont en effet arrêté de fumer plus facilement que les femmes des milieux moins favorisés ou ont mieux résisté à l’envie de commencer à fumer. Il est donc difficile de savoir si le plus mauvais état de santé des femmes des milieux moins favorisés est lié ou non à la plus grande fréquence du tabagisme. C’est l’objectif que se sont fixé les auteurs de cette étude de sous-groupe.

L’étude confirme que ces femmes non fumeuses des classes sociales les moins favorisées ont, à âge égal, un risque de décès de cause cardio-vasculaire supérieur à celui des femmes non fumeuses des classes les plus favorisées. Le risque de cancer n’est par contre pas plus élevé. Toutes causes de mortalité confondues, la différence entre les classes sociales persiste (RR ajusté pour l’âge 1,20, IC 95 % 1,09 à 1,32) et peut être expliquée par une prévalence de l’obésité et du surpoids nettement supérieure dans les classes les moins favorisées, puisque presque 70 % des patientes de cette population sont en surpoids ou obèses. L’hypertension et les pathologies respiratoires sont aussi plus fréquentes parmi ces femmes.

L’on pourrait s’arrêter à ce constat pour le moins désespérant, que les femmes des classes les moins favorisées, quand elles ne fument pas, sont quand même fragilisées, par l’obésité. Mais l’on peut aussi voir les choses de façon plus optimiste, à savoir que, quelle que soit leur classe sociale, les femmes qui ont le taux de mortalité le plus bas sont celles qui n’ont jamais fumé et ne sont pas obèses. Et en reprenant les auteurs : « le message de prévention est clair ».

 

 

Dr Roseline Péluchon

 

Hart CL et coll. Cause specific mortality, social position, and obesity among women who had never smoked: 28 year cohort study. BMJ 2011;342:d3785 doi: 10.1136/bmj.d378
http://www.bmj.com/content/342/bmj.d3785.full.pdf


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Published by Chronimed - dans Nutrition
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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 16/09/2011 21:32


Blog(fermaton.over-blog.com)Mathématiques de la conscience humaine.No-29,FINITUDE-(ÂGES DE NOTRE VIE-UN OPTIMUM ?).