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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 17:11

Vitamine D : quand et combien ?

 

Si la nécessité de traiter l’insuffisance en vitamine D est unanimement admise, les débats sur sa posologie optimale ne sont pas clos comme en témoignent les positions divergentes de l’IOM (Institute Of Medecine) et de l’IOF (International Osteoporosis Foundation).

 

L’IOM vient en effet de publier des recommandations qui préconisent un apport de vitamine D de 600 UI par jour jusqu’à 70 ans et de 800 UI par jour au-delà, estimant qu’atteindre une concentration sérique de 50 nmol/l est suffisant pour la santé osseuse.

 

B. Dawson-Hugues s’étonne de la faible valeur de ces chiffres au regard des résultats de 2 méta-analyses d’essais cliniques randomisés publiées en 2009 et de la vaste étude de population NHANES, qui indiquent qu’un taux de 25(OH) D de 50 nmol/l est trop bas pour être bénéfique.

 

L’IOF pour sa part persiste donc à recommander un apport journalier de 800 à 1 000 UI chez les plus de 60 ans, avec pour objectif un taux sérique de 75 nmol/l (30 ng/ml) permettant une réduction optimale des chutes et des fractures.

 

L’augmentation de l’apport quotidien de vitamine D au-delà de la dose recommandée de 800 à 1000 UI n’a pas fait la preuve d’une efficacité supplémentaire sur le risque fracturaire, le risque de chute ou les performances musculaires dans les essais cliniques.

Néanmoins, le taux sérique atteint avec la prise d’une même dose quotidienne de vitamine D varie d’un individu à l’autre.

Et, les déterminants connus de la réponse individuelle sont nombreux (indice de masse corporelle, insuffisance rénale chronique, malabsorption, circonstances de la prise, taux sérique de vitamine D pré-thérapeutique, taux d’estrogènes, génotype…), mais ils n’expliquent que 30 % de sa variabilité.

Au plan individuel, il faut donc adapter la dose et, en l’absence d’une exposition solaire quotidienne suffisante (bras et jambes pendant 10 minutes), établir un profil de risque.

Chez un sujet de plus de 60 ans, sans risque particulier, une dose quotidienne de 800 à 1000 UI par jour peut être prescrite sans dosage préalable ni suivi.

Les sujets à haut risque, en revanche, nécessitent une prise en charge beaucoup plus contraignante.

Il s’agit non seulement des sujets institutionnalisés, mais aussi de ceux qui présentent par exemple une ostéoporose, une hypoparathyroïdie, des troubles de l’alimentation, une malabsorption, une insuffisance rénale chronique, ou qui sont sous corticoïdes, sous anti-épileptiques…

Un premier dosage sérique de vitamine D permet alors de déterminer la dose nécessaire, en sachant que la prise de 100 UI/jour entraîne une augmentation du taux sérique de 0,7 à 1 ng/ml.

Le dosage doit ensuite être répété tous les 3 mois jusqu’à l’obtention d’une concentration à l’équilibre, mais la prise de vitamine D est ensuite à poursuivre indéfiniment sous peine de rechute.

La périodicité de l’administration de vitamine D peut être adaptée aux préférences de chacun, même si les prises mensuelles semblent moins efficaces que les prises quotidiennes ou hebdomadaires.

L’administration annuelle d’une forte dose est en revanche à éviter car elle semble augmenter le risque de fracture et de chute.

En dépit des nombreux travaux déjà publiés sur le traitement de l’insuffisance en vitamine D, des inconnues demeurent, comme la toxicité d’une prise au long cours, la validité des résultats de ces études dans d’autres populations ou les facteurs génétiques qui influencent les taux sériques de vitamine D.

 

 

Dr Gabriel Soyeux

 

Dawson-Hugues B : Vitamin D : when and how much ? ECCEO11-IOF European Congress on Osteoporosis and Osteoarthritis (Valence, Espagne) : 23-26 mars 2011.

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Published by chronimed - dans Nutrition
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