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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 07:07
L’hypothèse d’un dysfonctionnement neurodéveloppemental dans la schizophrénie est, rappelle l’éditorialiste de The American Journal of Psychiatry, le modèle actuellement dominant pour cette psychose où des altérations du développement neurologique surviendraient « bien avant l’apparition clinique de la maladie. » Des pistes existent pour certaines de ces anomalies présumées, notamment la possibilité d’apporter un supplément en choline aux femmes enceintes durant le second et le troisième trimestre de la grossesse, dans la mesure où la choline est essentielle pour le développement des récepteurs α7-nicotiniques [1]. Mais pour démontrer l’efficacité d’une telle stratégie préventive, le problème principal réside dans la difficulté de la rattacher de façon significative à une affection qui ne survient en général que des années, voire des décennies plus tard. Aussi faut-il proposer un « critère de substitution » (surrogate marker), comme la capacité précoce du cerveau infantile à s’adapter à un son répété, plusieurs facteurs de risque de schizophrénie semblant associés à un échec de cette adaptation dans l’enfance. L’acquisition d’une inhibition physiologique lors du neurodéveloppement est en effet nécessaire au bon fonctionnement du cerveau, un déficit d’inhibition (par défaillance du filtre sensoriel) s’observant au cours de la schizophrénie ou d’autres affections, notamment les troubles de l’attention. L’intérêt d’une telle stratégie « diététique » dès la vie intra-utérine est plus facile à démontrer dans d’autres pathologies (les défauts de fermeture du tube neural : anencéphalie, spina bifida) où un supplément en acide folique chez la femme enceinte réduit le risque de ces maladies. Mais les corrélations épidémiologiques sont plus difficiles à établir pour l’intérêt éventuel d’un tel apport de type « alicament » (en l’occurrence un supplément en choline) dans la schizophrénie, car l’émergence clinique de cette maladie est très différée chronologiquement. Les chercheurs espèrent toutefois que cette stratégie d’amélioration du neurodéveloppement (par une telle mesure d’ordre diététique) pourra se révéler non spécifique, et donc fructueuse au moins dans d’autres problématiques : impulsivité, troubles de l’attention, troubles de l’humeur. 12/06/2013 [1] http://www.inserm.fr/espace-journalistes/nachr-a7-un-recepteur-qui-gagne-a-etre-mieux-connu

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Published by Chronimed
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