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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:32

C’est une première en France : un hôpital public, en l’occurrence celui de Rambouillet (Yvelines) va remplacer divers matériels de ses services de réanimation et de pédiatrie, comme poignées de portes, mains courantes, robinets et autres barres de lits, par d’autres en cuivre ou enrichis en alliages correspondants. Le but ? Profiter des propriétés anti bactériennes du cuivre, qui serait capable de détruire de nombreuses bactéries, résistantes ou non aux antibiotiques. Une étude d’impact sera menée dans la foulée (les résultats en sont attendus dans un an), et il y a fort à parier que la pratique sera suivie par d’autres établissements si le nombre des infections contractées dans les deux services baisse…

Le cuivre, véritablement anti bactérien ? La démonstration, en réalité, n’est pas nouvelle même si ses applications semblent prendre aujourd’hui une nouvelle ampleur. Plusieurs expériences, réalisées sur sites ces dernières années, avaient déjà montré que les surfaces de cuivre éradiquent naturellement la presque totalité des staphylocoques, résistants ou non à la méticilline, qui avaient eu la mauvaise idée de s’y déposer. Le phénomène vient encore d’être confirmé par une nouvelle étude, réalisée par un trio US comprenant le Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York, la Medical University of South California et le Ralph H. Johnson VA Medical Center de Charleston  et présentée à l’ICPIC (conférence sur le contrôle et la prévention des infections) de Genève : le but était, ici encore, de déterminer l’intérêt  pratique du cuivre en en recouvrant les éléments à portée de main des malades, poignées de porte, sonnettes d’appel, surfaces diverses etc. Avec un succès certain puisque, selon les auteurs américains, la destruction des bactéries pathogènes serait suffisamment efficace pour empêcher leur transmission par les soignants et diminuer les taux d’infections nosocomiales. L’élimination rapide des bactéries empêcherait que de nouvelles mutations de résistance n’apparaissent et diminuerait les échanges de gènes de résistance bactériens. Pour eux, pas de doute, la démonstration de l’intérêt du cuivre est faite, tant du point de vue théorique que pratique, dans la vraie vie…

En Arizona aussi on s’est intéressé aux propriétés anti bactériennes du cuivre. Une revue publiée ce mois ci dans un journal de référence rappelle encore une fois que les données sur le sujet commencent à s’accumuler, avec une bonne concordance : à l’instar des staphylocoques, il a été prouvé que le cuivre serait rapidement bactéricide pour les salmonelles, agents majeurs des TIAC, pour le désormais célèbre E coli O157H7, pour Clostridium difficile responsable de la colite pseudo membraneuse ou pour diverses espèces de champignons. Voilà qui permet d’augurer d’une utilisation de plus en plus large du cuivre et, peut être, de quelques inconvénients inattendus : pour J Elguindi et coll, « les consommateurs peuvent craindre que les alliages cuivreux utilisés en surfaces anti microbiennes par l’industrie alimentaire ne conduisent à une toxicité chez l’homme » ; sans compter d’éventuelles nuisances (locales) par saturation de l’environnement en métaux toxiques (exploitations de surfaces, dépôts divers etc).

De nouveaux problèmes auxquels il faudra trouver des solutions. Décidément, rien n’est jamais aussi simple qu’il y paraît.



Dr Jack Breuil


Elguindi J et al. : Advantages and challenges of increased antimicrobial copper use and copper mining. Appl Microbiol Biotechnol., 2011 ; 91 : 237-249.

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Published by Chronimed - dans Concept
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