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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:00

 

Une expérience menée chez les souris est porteuse d'espoir pour les personnes souffrant de maladies inflammatoires du côlon.

 

 

Ce travail offre des perspectives inédites pour de nouveaux traitements de maladies génétiques ou inflammatoires de l'intestin. 

 


 

L'équipe du Pr Hans Clevers, directeur de l'Institut Hubrecht (Pays-Bas), et celle de Mamoru Watanabe, de l'université médicale et dentaire de Tokyo (Japon), ont réussi à régénérer l'intestin endommagé d'une souris en y implantant des cellules souches provenant d'un côlon adulte. Dans un récent numéro de la revue Nature Medicine, ces chercheurs expliquent comment ils ont reconstitué, en laboratoire, une structure en trois dimensions reproduisant l'architecture du petit intestin et ses propriétés biologiques, à partir d'une seule cellule colique isolée et mise en culture. Ils ont ensuite implanté cet organoïde dans l'intestin endommagé. Il a colonisé les tissus et restauré la muqueuse intestinale.

Cette avancée est saluée aujourd'hui par le Pr Daniel Louvard, directeur du centre de recherche de l'Institut Curie, et par ses collègues. Dans Science Translational Research, ils publient un communiqué sur l'intérêt de l'utilisation de cellules souches adultes, notamment pour régénérer des tissus endommagés ou détruits de l'intestin. "Les cellules souches intestinales présentent une bonne capacité à maintenir leurs caractéristiques génétiques durant leur mise en culture, notent les spécialistes français. Associée à leur remarquable potentiel de prolifération in vitro (chacune de ces cellules étant capable de se multiplier en un million d'exemplaires), cela offre des perspectives inédites pour de nouveaux traitements de certaines maladies génétiques ou inflammatoires, qui entraînent un risque accru de cancers du côlon et de l'intestin."

Cellules souches embryonnaires

Plus généralement, l'emploi de ces cellules adultes, présentes aussi dans d'autres organes comme le pancréas, l'estomac ou les poumons, ouvre de nouveaux champs d'application dans d'autres maladies graves ou invalidantes, comme le diabète. Ces travaux montrent encore une fois que, au-delà du traitement des affections du sang (grâce aux cellules souches de la moelle osseuse) et plus récemment de la régénération de la rétine, de l'épiderme ou des muscles, l'emploi de cellules souches adultes est une voie d'avenir dans le domaine de la réparation cellulaire.

"Depuis plus d'une décennie, les espoirs se sont portés sur les cellules souches embryonnaires, du fait de leur capacité à se multiplier indéfiniment et à se différencier en n'importe quel autre type de cellules", rappelle le Pr Louvard. "Mais leur exploitation chez l'homme pose des interrogations, non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi en raison d'un potentiel de cancérogenèse. Une autre méthode, qui consiste à reprogrammer des cellules adultes différenciées pour les rendre pluripotentes, nécessite l'introduction de plusieurs gènes, dont l'un (baptisé Myc) est impliqué dans l'oncogenèse, et donc potentiellement capable d'initier une transformation cancéreuse."

C'est pourquoi les cellules souches adultes ou ASC (Adult Stem Cells) représentent une alternative d'avenir. Car même si elles ont un moindre potentiel de renouvellement et de différenciation que les cellules embryonnaires, le risque de cancer est plus faible et il n'y a pas de problème éthique. Enfin, la possibilité de disposer de "mini-intestins en culture", obtenus cette fois à partie de cellules tumorales, va permettre d'étudier le développement des cancers du côlon et de tester l'efficacité de molécules utilisables pour traiter ces tumeurs chez l'homme.

 

Le Point.fr - Publié le 18/04/2012 à 19:59


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Published by Chronimed - dans Concept
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