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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:34
L’utilisation croissante du scanner depuis les années 80 a fait naître des craintes quant à sa responsabilité dans l’apparition de cancers, particulièrement quand l’exposition a lieu dans l’enfance. Des estimations ont été faites mais qui étaient plutôt des projections à partir des risques constatés chez des personnes exposées à de fortes doses d’irradiations, comme les survivants des bombes atomiques au Japon. Les doses de radiations émises lors d’un scanner sont très loin de ces cas de figures. Elles se situent en effet entre 5 et 50 mGy pour chaque organe. Il est dès lors difficile d’estimer le danger qu’elles peuvent comporter. Une équipe australienne a réalisé la plus grande étude de cohorte sur ce sujet , sur une population de près de 11 millions de personnes, âgées de 0 à 19 ans, entre le 1er janvier 1985 et le 31 décembre 2005. Au total 680 211 de ces personnes ont été exposées à l’irradiation d’un scanner au moins une fois pendant cette période. Augmentation du risque de 24 % après un scanner Pendant la période d’observation, prolongée jusqu’en décembre 2007, 60 674 cancers ont été diagnostiqués dans la population totale étudiée et 3 150 d’entre eux sont survenus après une exposition à un scanner (plus d’un an après). Le risque de cancer apparaît augmenté de 24 % pour les sujets qui ont été exposés aux radiations d’un scanner, par rapport à ceux non exposés, en tenant compte de l’âge, du sexe et de l’année de naissance (incidence rate ratio 1,24 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,20 à 1, 29). Bien qu’ils reconnaissent qu’il est impossible d’être formel sur la relation de cause à effet, les auteurs insistent sur plusieurs points : - l’incidence des cancers augmente avec le nombre de scanners réalisés, de 16 % pour chaque scanner supplémentaire ; - l’augmentation de l’incidence rate ratio est proportionnellement supérieure quand l’exposition a lieu avant l’âge de 5 ans ; - la plus grande différence entre sujets exposés et non exposés est constatée pour les tumeurs solides touchant les jeunes filles ; - il existe une corrélation entre le siège du cancer et le site irradié, avec la plus grande augmentation constatée pour l’incidence des leucémies et des myélodysplasies après exposition de la moelle osseuse au cours des scanners abdominaux et pelviens. Les auteurs espèrent inciter les praticiens à mieux peser les indications des scanners chez l’enfant, en s’appuyant si besoin sur des outils d’aide à la décision. Ils citent l’exemple des nombreux scanners demandés chez les enfants à la suite des traumatismes crâniens ou en cas de suspicion d’appendicite et qui sont loin d’être toujours justifiés. Dr Roseline Péluchon 31/05/2013 Mathews JD et coll. : Cancer risk in 680 000 people exposed to computed tomography scans in childhood or adolescence: data linkage study of 11 million Australians. BMJ 2013;346:f2360doi: 10.1136/bmj.f2360.

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Published by Chronimed
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commentaires

ungars 01/06/2013 18:24

Le scanner étant l'outil de choix pour surveiller les patients cancéreux, il y a là un problème sérieux, non ?