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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:59
Dans la course au diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer (MA), beaucoup d’efforts portent sur la recherche de biomarqueurs sanguins pouvant être à la base de tests simples et peu onéreux. L’accumulation cérébrale extracellulaire de peptides amyloïdes (Aβ) est un évènement très précoce dans l’évolution de la maladie, qui peut débuter 20 ans avant l’apparition des symptômes. Des chercheurs australiens affichent un objectif ambitieux, celui de mettre au point une signature biologique ayant une valeur prédictive équivalente mais aisément adaptable à un dépistage généralisé. Confrontation entre imagerie et résultats d’une analyse sanguine très complète Un total de 1 090 sujets de plus de 60 ans, participant à l’étude prospective longitudinale AIBL (Australian Imaging, Biomarkers and Lifestyle) ont bénéficié d’une analyse sanguine très complète incluant 176 analytes sanguins, dont l’apolipoprotéine E (protéine APOE et génotype), et les taux d’Aβ1-40 et d’Aβ1-42 plasmatiques ainsi que le rapport des 2 peptides. Parmi eux 273 sujets, qui constituent la cohorte de découverte, ont eu également une imagerie des lésions amyloïdes par TEP employant comme traceur le 11C-Pittsburgh Compound-B (11C-PIB). Ils ont été divisés en 3 groupes, sujets cognitivement normaux, atteints de déficit cognitif léger (MCI) ou souffrant de MA selon les critères NINCDS-ADRDA de 1984 (1). Une cohorte de validation de 82 sujets de l’Alzheimer’s disease neuroimaging initiative (ADNI) a fait l’objet d’analyses similaires. Les scientifiques ont recherché les différences entre les sujets qui présentent des taux élevés d’Aβ néocorticaux (NAB+) et ceux ayant de faibles concentrations (NAB-). Ils remarquent dans les 2 cohortes que la prévalence de MCI et de MA, ainsi que le nombre de porteurs de l’allèle ε4 du gène de l’APOE sont plus importants dans les groupes NAB+. Il y a aussi davantage de sujets plus âgés dans le groupe NAB+ de la cohorte AIBL. Dans cette cohorte, après ajustement sur les taux de fausses découvertes, des différences significatives apparaissent pour 5 analytes selon que les NAB sont élevés ou non : dans le groupe NAB+, les taux d’’immunoglobuline M-1 (IgM-1) et de thyroxine libre (FT4) sont plus faibles (P = 0,019 et 0,009 respectivement), tandis que ceux de la protéine inflammatoire des macrophages MIP-1 a, du polypeptide pancréatique (PPY) et de la protéine d’adhésion VCAM-1 sont plus élevés (P = 0,027, 0,01 et 0,01 respectivement). Un modèle avec neuf paramètres biologiques et cliniques Plusieurs modèles ont alors été générés. L’IgM-1, l’IL-17, PPY, VCAM-1 viennent s’ajouter à l’âge, au peptide Aβ1-42, au génotype de l’APOE, à CXCL-13 (ligand de la chiomiokine 13 motif C-X-C) et à un paramètre défini par le diagnostic clinique + des caractéristiques démographiques simples (âge, années d’étude, genre) pour constituer le modèle M1. Ce modèle ainsi que 5 autres issus des mêmes paramètres, mais en nombre plus réduit, ont été appliqués aux 817 sujets de la cohorte AIBL n’ayant pas bénéficié d’une imagerie et aux 82 de la cohorte de l’ADNI. Le modèle M1 permet de prédire les taux de NAB d’un individu avec des sensibilité, spécificité, et aire sous la courbe, de respectivement 79,6 %, 82,4 % et 87,6 % dans la cohorte AIBL, et une précision similaire dans la cohorte ADNI : 78,3 %, 76,3 % et 84,7 %. Cette signature est donc obtenue avec 9 paramètres dont l’un inclut une variable clinique (diagnostic selon les critères NINCDS-ADRDA). L’inclusion d’un petit nombre de marqueurs sanguins a permis d’ajouter 10 % à la signature plus traditionnelle basée sur les caractéristiques cliniques et démographiques, et d’atteindre ainsi les critères de « biomarqueur idéal » tel que précédemment décrit (2). Une option à valider par des études supplémentaires et qui permettrait d’éviter des méthodes plus invasives ou coûteuses telles que le dosage des marqueurs du LCR ou la TEP. Il s’agirait de la première étude à valider une méthode prédictive des taux de Aβ néocorticaux en utilisant des marqueurs sanguins. Dominique Monnier 14/06/2013 Burnham SC et coll. : Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative; Australian Imaging, Biomarkers and Lifestyle Study Research Group. Mol Psychiatry. 2013 Publication avancée en ligne le 30 avril. doi: 10.1038/mp.2013.40. (1) McKhann G et coll. : Clinical Diagnosis of Alzheimers-Disease - Report of the NINCDS-ADRDA Work Group under the Auspices of Department-of-Health-and-Human-Services Task-Force on Alzheimers-Disease. Neurology, 1984; 34: 939–944. (2) Frank RA et coll. : Biological markers for therapeutic trials in Alzheimer’s disease—proceedings of the biological markers working group; NIA initiative on neuroimaging in Alzheimer’s disease. Neurobiol Aging, 2003; 24: 521–536.

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Published by Chronimed
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