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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 19:09

Plusieurs pathologies neurodégénératives, incluant les maladies d’Alzheimer, de Parkinson, de Huntington, la sclérose latérale amyotrophique, et les maladies à prion, partagent une caractéristique commune, l’accumulation cérébrale d’agrégats de protéine mal repliée. 

Les mécanismes contrôlant l'initiation du dépôt de protéine amyloïde β (Aβ) et de protéine tau hyperphosphorylée, connu pour être associé à la MA, demeurent obscurs. 

Selon des recherches antérieures, le mauvais repliement et l'agrégation d’Aβ pourraient être l'événement déclencheur de la MA selon un mécanisme similaire à celui qui prévaut dans les maladies à prions.

Une équipe de chercheurs internationale  a exploré cette hypothèse en inoculant en intra-cérébral, directement au niveau de l’hippocampe, des extraits de cerveau provenant d’un sujet atteint d’Alzheimer à des modèles murins qui n'auraient pas autrement développé de plaques β-amyloïdes. 

Il s’agit  en effet de souris transgéniques exprimant la protéine précurseur de l'amyloïde (APP) humaine sans aucune mutation, des animaux qui ne développent pas de dépôts amyloïdes leur vie durant.

Des agrégats de protéine β-amyloïde caractéristiques de la maladie ont été observés chez les animaux inoculés. 

De façon intéressante, leur nombre et leur importance augmentent avec le temps. 

Localisés principalement dans l’hippocampe et dans le cortex, ils sont détectables loin du site d'injection, ce qui montre une diffusion du processus. 

Pour les auteurs, ceci suggère, dans ce dispositif expérimental, un mécanisme prion-like de progression de la maladie via la propagation du mauvais repliement de la protéine.

Ces résultats sont cohérents avec l’hypothèse selon laquelle des oligomères solubles de Aβ seraient les facteurs clés du mauvais repliement de la protéine et des agrégats formés.

Ces données peuvent apporter  une lumière nouvelle sur l'étiologie des maladies neurodégénératives. 

Elles s’ajoutent à d’autres preuves expérimentales suggérant un mécanisme prion-like de propagation des anomalies neuropathologiques observées dans plusieurs d’entre elles, soulignent les scientifiques, et pourraient contribuer au développement de nouvelles stratégies de prévention et d'intervention. 

« Reste à savoir si au moins une partie des cas de MA peut être initiée par un mécanisme prion-like dans les conditions naturelles chez l’homme », s’interrogent les auteurs.

 

 

Publié le 04/10/2011  Dominique Monnier

 

Morales S et Coll. Prion-like mechanism of transmission in Alzheimer’s disease. Mol Psychiatry 2011, publication avancée en ligne le 4 octobre. doi: 10.1038/mp.2011.120

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Published by Chronimed
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