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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 06:43
Le niveau des enfants américains en math et en sciences vous désespère ou vous êtes particulièrement anxieux de ce qui se passe en Europe, écoutez cette histoire, tout droit issue de Crownsville dans le Maryland et vous trouverez sans doute de nouvelles raisons de croire en l’avenir ». Telle est l’exergue d’un éditorial publié dans le journal Forbes cette semaine par le journaliste Bruce Upbin, dont on devine qu’il n’est pas facile de provoquer l'enthousiasme. Or, Jack Andraka y est parvenu. Sans difficulté. Du haut de ses 15 ans. Science et kayak Que fait-on lorsqu’on a 15 ans que l’on vit dans le Maryland avec ses parents et son frère et que la vie vous impose l’une de ses premières tragédies : la mort de votre oncle, emporté par un cancer du pancréas ? On pleure et on se console en s’adonnant à sa passion : rafting et kayak sur les rivières de Virginie occidentale. Et quand s’ajoute à ce premier coup du sort, la mort, peu de temps après, du frère d’un ami, également terrassé par un cancer du pancréas ? On décide de s’adonner à son autre passion mais pas pour oublier : pour offrir à la lutte contre le cancer des outils plus performants. Un test 400 fois plus sensible Les parents de Jack savent depuis sa plus tendre enfance que sa soif de connaissance et de science ne sera pas facilement assouvie. Le petit garçon qui multipliait les expériences de physique en observant les flux et reflux du petit bateau que son père lui avait acheté, le jeune adolescent ayant fabriqué une boîte spéciale pour tester la réponse à divers stimuli de bactéries fluorescentes dont il était fasciné a très tôt éprouvé les limites de ses parents, vite incapables de répondre à ses différentes questions. A quinze ans, la question qu’il finit par se poser était du reste plutôt déroutante pour un adolescent de cet âge : comment mettre au point un test de diagnostic du cancer plus performant. Sa réponse est une merveille de simplicité. La méthode de détection qu’il a mise au point consiste en effet à plonger dans du sang ou de l’urine un bâtonnet de nitrocellulose, dont la conductivité change en fonction de la présence de mesothelin, "marqueur "du cancer du pancréas, des ovaires et des poumons. Non seulement ce test extrêmement facile à utiliser est fiable parce qu’il permettrait dans 90 % des cas d'écarter sujets sains et atteints de pancréatites, mais il est également nettement plus performant que les tests actuels. Il serait ainsi 168 fois plus rapide, 26 000 fois moins cher et 400 fois plus sensible que les méthodes utilisées aujourd’hui.   Rejeté par tous les laboratoires américains Tout comme il a impressionné l’éditorialiste de Forbes, Jack Andraka a également séduit le jury du célèbre prix Gordon E. Moore, doté de 75 000 dollars, dont il vient d’être le lauréat. Cette jolie somme vient récompenser une ténacité sans faille. Il a fallu que Jack Andraka frappe à la porte de 200 laboratoires avant qu’une équipe de Johns Hopkins accorde du crédit à son hypothèse. Aurélie Haroche 23/6/2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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