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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 12:20

Les spécialistes ont coutume de dire que les causes du cancer sont multifactorielles : génétiques, environnementales, comportementales mais aussi — et c’est beaucoup moins connu — infectieuses.

 

Si l’on ne peut pas faire grand-chose contre la génétique, il est en revanche possible d’agir sur les trois autres facteurs. Or, si le grand public a pris conscience de l’action de l’environnement et de son mode de vie sur la pathologie, l’origine infectieuse est encore sous-estimée et peu prise en compte dans la prévention, affirment des scientifiques du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de Lyon dans une étude sur le sujet qui vient d’être publiée dans la revue britannique « Lancet Oncology ».


Les chercheurs du Circ ont analysé les 12,7 millions de nouveaux cas de cancer recensés dans le monde en 2008. Et ils se sont rendu compte que les pathologies cancéreuses d’origine infectieuse représentaient plus de 16% des cas de cancer.

Des traitements très simples existent

« Une quinzaine de virus, bactéries ou parasites sont connus depuis longtemps pour être à l’origine de cancers, commente Catherine de Martel, l’un des auteurs de l’étude. Parmi tous ces agents infectieux, quatre causent à eux seuls 1,9 million de nouveaux cas de cancer chaque année, c’est-à-dire la très grande majorité des cancers d’origine infectieuse ». Il s’agit de la bactérie Helicobacter pylori (provoquant des cancers de l’estomac), des virus des hépatites B et C (cancers du foie) et de Papillomavirus (cancer du col de l’utérus).

Or il existe des traitements préventifs et curatifs très simples contre la plupart de ces microbes. Ce qui veut dire en d’autres termes qu’avec les bons traitements, 1 cancer sur 6 dans le monde pourrait être évité, selon les chercheurs du Circ. Quant à Papillomavirus, il est facilement repérable si l’on fait un frottis régulier. Enfin des vaccins contre ce virus ainsi que celui de l’hépatite B sont commercialisés depuis plusieurs années (mais non obligatoires). « Les pays développés, dont la France, ont à leur disposition des moyens efficaces de prévention et de traitement des infections. Mais il faut encore lutter contre certaines réticences à la vaccination et insister sur l’indispensable dépistage du cancer du col de l’utérus », insiste le docteur de Martel. « Toutefois, dans les pays développés, note-t-il, les cancers attribués à Helicobacter pylori représentent encore 46% des cancers d’origine infectieuse, ce qui peut refléter une baisse des investissements dans la recherche ou la prévention pour le cancer gastrique par rapport à ceux du col de l’utérus ou des cancers du foie. » 

1,9 million
C’est le nombre de cancers d’origine infectieuse qui se déclarent chaque année dans le monde, soit un cancer sur six, selon l’étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de Lyon qui a travaillé sur 27 types de cancers répartis dans 184 pays. Une répartition très inégale. Il est à noter que dans les pays en développement, les cas de cancer par infection sont beaucoup plus importants que la moyenne (37% en Afrique subsaharienne contre 3,3% en Australie et 5% en France).




Médecins du monde organise aujourd’hui une journée de dépistage des hépatites B et C dans un de ses centres en Seine-Saint-Denis afin de réclamer l’autorisation des tests rapides de dépistage pour ces maladies en France. Ces tests permettent d’avoir une réponse en une vingtaine de minutes. Les hépatites B et C, qui causent chaque année entre 4000 et 5000 morts, touchent plus particulièrement les personnes précaires, migrants et usagers de drogues auprès desquelles Médecins du monde a l’habitude d’intervenir.

Le Parisien

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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