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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:18

Posez la question à vos collègues infectiologues ou internistes et peut-être (sans doute) serez-vous amené à constater, comme l’auteur de ces lignes, que les trois germes principaux de l’infection hospitalière ne sont pas exactement ceux que les spécialistes attendaient.


C’est du moins ce qui ressort d’une vaste enquête sur le sujet, menée (ce qui prête peut-être à quelques biais pour nous) de l’autre côté de l’Atlantique.

 

Aux USA, où une équipe de Chartis, Main Line Health System, Lexington insurance company, a collecté les réponses aux questionnaires remplis par 822 membres de l’APIC (Association for Professionals in Infection Control and epidemiology) et destinés à recueillir d’une part les données démographiques hospitalières locales et  celles concernant le programme  de prévention mis en place, et de l’autre le relevé des épidémies (8 au maximum) déclarées au cours des 24 derniers mois.

 

Quels germes, donc, pour déferler sur les hôpitaux (américains) ?

La réponse vient des 822 questionnaires retenus, signalant 386 investigations d’épidémies déclarées par 289 hôpitaux (35 % des hôpitaux ayant donc en pratique du faire face à au moins une épidémie sur la période).

D’où il est apparu que 4 micro-organismes répondaient à eux seuls à presque 60 % des épidémies, dans l’ordre les norovirus (18 %), Staphylococcus aureus (17 %), Acinetobacter spp (14 %) et Clostridium difficile (10 %).

 

Les norovirus étaient plus fréquents dans les services longs séjours et assimilés, les autres dans les unités médicales et chirurgicales (unités plus souvent sujettes à enquête, avec 25,7 et 13,9 % des investigations).

Le nombre moyen de cas confirmés par épisode a été de 10,1 et la durée moyenne des épisodes de 58,4 jours.

Des fermetures d’unités ont été rapportées dans 22,6 % des cas, concernant en moyenne 16,7 lits pendant 8,3 jours.

Les enquêtes étaient déclenchées par la nature du diagnostic microbiologique et des fréquences inhabituelles d’isolement par site ou unité.

La conclusion de ce remarquable travail pourrait être double. D’abord que le norovirus, qui est encore souvent considéré comme un pathogène émergent, est sans doute en réalité présent à l’hôpital depuis longtemps.

Et ensuite, comme on s’y attendait un peu, que les épidémies en milieu de soin sont fréquentes, qu’on les trouve quand on les cherche, qu’elles amènent dans un certain nombre de cas à fermer des services entiers, et ce du long séjour à la réanimation.

Et bien que le travail ait été conduit loin d’ici (mais on est tous  en 2012), les Américains tirent de leur étude exactement les mêmes leçons que nous aurions pu énoncer : il faut rédiger des procédures et protocoles divers et variés et s’assurer qu’ils sont bien rangés à leur place dans tous les tiroirs de tous les services de tous les centres de soin.



Dr Jack Breuil Publié le 21/02/2012


Rhinehart E et coll. Frequency of outbreak investigations in US hospitals : results of a national survey of infection preventionists. Am J Infect Control., 2012 ; 40 : 2-8

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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