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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 10:29
Paris, le jeudi 25 juillet 2013 – Après 5 mois d’investigations, 65 auditions, 86 personnes entendues dont 11 à huis clos, la commission d’enquête du Sénat sur le dopage a rendu public hier un rapport très attendu. Si le fait d’apprendre officiellement que certains sportifs professionnels en particulier les cyclistes, se sont dopés à l’EPO en 1998 n’est pas vraiment une surprise, en revanche, les révélations sur le dopage des amateurs et du trafic qu’il génère dans les salles de sport sont édifiantes. Tous les sports sont concernés par le dopage et EPO, stéroïdiens, anabolisants sont les produits les plus couramment utilisés comme en témoignent les bordereaux de prélèvements concernant les Tours de France 1998 et 1999, publiés dans le rapport. La commission se refuse à donner des noms mais personne n’est dupe sur ces années-là. Qu’en a-t-il été du dernier tour au cours duquel la performance de Froome assis sur sa selle au Ventoux en a laissé plus d’un songeur. Le tennis et le football sont également suspectés, les calendriers sportifs surchargés inciteraient au dopage, entre autres causes invoquées. Seulement voilà, la recherche de la performance n’est plus l’apanage des sportifs professionnels. Salles de musculation accusées d’être des plaques tournantes D’après l’état des lieux exhaustif réalisé par la commission, la pratique du dopage se développerait de plus en plus chez les sportifs amateurs, principalement dans les salles de musculation, de fitness ou de remise en forme. « En effet, d’après les renseignements que nous avons reçus ces salles appelées EAPS (établissements d’activité physiques et sportives) sont souvent des plaques tournantes de la consommation et du trafic, or actuellement rien n’y est fait » a indiqué Jean-Jacques Lozach, le rapporteur. Y circuleraient sous le maillot EPO et stéroïdiens mais pas seulement. Selon Gérard Dine, médecin biologiste, membre de la commission interviewé ce matin sur RMC : «On y trouve une protéine améliorée avec des engrais de contrefaçon ! Le dopage du sportif de tous les jours est facile et se fait avec des vieux produits, d’ex Europe de l’Est, qu’il est très facile de se procurer. Ils sont moins chers, souvent de contrefaçon. Les sportifs high-tech savent qu’il ne faut pas prendre ces produits, qui sont des molécules biologiques et sont donc très facilement repérables ». Par ailleurs, si l’on veut être plus discret, il est très facile de se procurer des produis dopants sur Internet où 300 sites fournisseurs sont identifiés. De nombreux jeunes se dopent peu conscients des risques qu’ils encourent pour leur santé. Heureusement la parole semble se libérer avec le temps. 60 propositions anti-dopage Constituée depuis le 27 février 2013, la commission d'enquête ne s’est pas contenté de dresser un état des lieux précis et circonstancié des pratiques dopantes et des politiques publiques en matière de lutte contre ce phénomène, mais aussi de dégager des propositions pour en renforcer l’efficacité. La commission a présenté son plan de lutte en 60 propositions pouvant être mises en œuvre rapidement. Pour ce qui concerne les salles de sport « une action choc ciblée est impérative, a rapporté Jacques Lozach, l’incrimination pénale de la détention de produits dopants doit être élargie à l’encontre des personnes pratiquant un dopage dans le cadre d’un établissement d’activités physiques et sportives. Ainsi, pourrait-il y avoir obligation d’afficher dans tous les EAPS une charte concernant la lutte contre le dopage que bien évidemment chaque usager de ce type d’équipement public ou privé devra respecter. » Les 60 propositions ont été classées en sept catégories : connaître, prévenir, contrôler, analyser, sanctionner, pénaliser et coopérer. Parmi elles, la création d'une commission «vérité et réconciliation », un financement « d'études plus efficaces dans la lutte contre le dopage au sein du ministère des Sports », « un travail sur les calendriers sportifs surchargés» ou encore «la mise en place de huit responsables régionaux à temps plein ». L’Espagne serait l’exemple à suivre selon la commission. Dominique Thibaud 25/07/2013

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Published by Chronimed - dans Concept
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