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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 17:25

L’exposition chronique au stress peut entraîner un vieillissement accéléré, notamment cérébral. Une forte tension au travail, la triade faible autonomie, fortes exigences, peu de soutien, pourraient ainsi être associés à un risque accru de démence de tout type.

Une enquête téléphonique a été menée auprès de jumeaux suédois âgés de 65 ans et plus en 1998 afin de dépister des signes de déficit cognitif puis de cas échéant de proposer une évaluation clinique. Sur les 10 106 participants, 257 présentaient une démence (167 maladie d’Alzheimer [MA], 46 démence vasculaire [DV]). La tension au travail a été évaluée sur le rapport exigences (emploi du temps, charge) -contrôle (recours au jugement personnel) et sur une matrice d’exposition psychosociale appliquée afin de « scorer » les exigences, le contrôle et le support social de chaque emploi. L’âge, le sexe et le niveau d’études ont été pris en compte comme co-variables.

Les patients atteints de démence étaient plus âgés et plus souvent des femmes (sauf en cas de DV). Le niveau d’études était supérieur chez les sujets contrôles, qui exerçaient moins souvent des professions manuelles et présentaient moins d’antécédents cardiovasculaire ou d’AVC. Une plus grande tension au travail s’associait à un plus grand risque de DV, surtout en cas de cumul avec un faible soutien. Seules les femmes étaient soumises à un plus grand risque de démence en cas de moindre contrôle, et les travailleurs manuels à une probabilité accrue de MA en cas de faible soutien.

Le stress professionnel pourrait jouer un rôle dans le développement des démences, surtout de type vasculaire et le manque de soutien, au sens d’interactions génératrices d’aide avec les collègues de travail et les supérieurs hiérarchiques,  serait ici le principal mécanisme. Le double aspect des relations sociales, protectrices en cas de travail impliquant une complexité des liens aux personnes, et au contraire facteur de risque de démence en cas de rapports insuffisants, souligne l’importance de cet élément, notamment dans une perspective de prévention. Seul le niveau d’exigences au travail n’est pas apparu constituer un facteur de risque de démence, l’entraînement mental pouvant ici contre balancer l’effet du stress. Néanmoins la combinaison d’une exigence élevée et d’un faible niveau de contrôle, source d’une forte tension professionnelle, s’est avérée associée aux démences vasculaires. Les limites de l’étude sont, l’absence de certitude étiologique, le faible effectif des DV, la méconnaissance des facteurs de stress non professionnels.

Modifier l’environnement au travail, le lien social, donner un sens à l’activité, pourraient contribuer à promouvoir la santé cognitive.



Dr Anne Bourdieu Publié le 23/02/2012


Andel R et coll. : Work-related stress may increase the risk of vascular dementia. J Am Geriatr Soc., 2012 ; 60 : 60-67,

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Published by Chronimed - dans Concept
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commentaires

Swiss Life Mutuelle 24/02/2012 06:16

Bon nombre de salariés se plaignent de souffrir d'un stress permanent au travail.