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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 19:01
Washington, le mardi 23 octobre 2012 – Le bilan de l’épidémie de méningites fongiques liées à des injections épidurales de stéroïdes aux Etats-Unis continue à s’aggraver, même si une légère tendance à la décélération du nombre de nouveaux cas et de décès semble s’observer. A ce jour, on déplore 20 décès et 257 cas, contre 14 morts et 170 malades vendredi 12 octobre. Ce qui est décrit comme une épidémie « sans précédent » a fait l’objet d’une longue analyse dans le New England Journal of Medicine à la fin de la semaine dernière. Carol A. Kauffman et coll. reviennent sur la genèse de l’alerte lancée le 18 septembre par le département de santé du Tennessee et sur la prise en charge de ces méningites provoquées par Exserohilum rostratum. Des symptômes souvent moins spécifiques que lors de méningites bactériennes Ils observent tout d’abord que si les infections humaines liées à E. rostratum sont rares et se manifestent habituellement par des sinusites ou kératites, des cas de contaminations de produits pharmaceutiques par d’autres champignons noirs ont déjà été rapportées aux Etats-Unis et ont pu entraîner des flambées de méningites. Cependant, jamais un nombre aussi important de patients et de décès n'avaient été rapportés. Carol A. Kauffmann et coll. s’intéressent également à la période d’incubation après l'injection rhumatologique et à la prise en charge des malades. La durée d’incubation semble ainsi varier entre une et quatre semaines après l’injection de stéroïdes contaminés, même si au moins un cas a été rapporté après un délai de six semaines. Les patients potentiellement concernés ont pour consigne d’alerter leurs médecins au moindre signe évocateur. En effet, les symptômes d’une méningite fongique sont souvent moins spécifiques que ceux habituellement liés à des méningites bactériennes. Aussi, le moindre doute entraîne la réalisation de la ponction lombaire. Les cliniciens ont ainsi pu constater que même face à un symptôme unique, telle une céphalée, l’examen du liquide céphalo-rachidien pouvait se révéler anormal. Le traitement anti-fongique est alors initié pour une durée minimale de trois mois et doit se poursuivre jusqu’à la disparition complète de tous signes cliniques et biologiques. Prophylaxie ? Face à l’ampleur du nombre de personnes potentiellement concernées (14 000 selon un dernier recensement des Centres de contrôle des maladies), certains ont interrogé l’opportunité d’un traitement prophylaxique. Carol A. Kauffman et coll. considèrent cependant que cette piste paraît peu réaliste en raison des effets secondaires rapportés des principaux médicaments. Par ailleurs, ils mettent en avant le risque de développement de résistances et d'un simple retardement de l’apparition de la maladie. En guise de conclusion, les auteurs évoquent les mystères qui entourent cette importante épidémie en signalant notamment que ces méningites fongiques pourraient ne pas être liées à un agent unique. En effet, A fumigatus a également été détecté chez le premier cas rapporté et pour l’heure rien ne permet d’expliquer la présence de ce champignon. Enfin, Carol A. Kauffman achève par une note optimiste : elle observe que le petit nombre de cas de patients infectés comparé au grand nombre de personnes exposées est encourageant. Aurélie Haroche 23/10/2012 Copyright © http://www.jim.fr

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Published by Chronimed - dans Concept
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