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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 14:09
Il est communément admis que l’activité physique « c’est bon pour le moral ». Une étude récente vient pourtant bousculer cette certitude. Il s’agit d’un essai randomisé, réalisé au Royaume Uni et incluant 361 patients âgés de 18 à 69 ans, ayant tous en commun d’être dépressifs. Ces patients ont été randomisés en deux groupes. Les uns (n = 179) étaient traités de manière « classique » par leur médecin généraliste. Les autres (n = 182) étaient, en plus du suivi habituel, pris en charge par un moniteur et incités à entreprendre une activité sportive. Ils étaient motivés par des entretiens en tête à tête avec leur moniteur, des communications téléphoniques et un manuel leur était remis leur indiquant les possibilités d’activités qui leur étaient offertes dans leur environnement. Le score de dépression a été évalué par l’échelle de Beck. Le résultat est quelque peu décevant. Quatre mois après le début de l’étude, les patients du deuxième groupe ont en effet augmenté leur temps hebdomadaire d’activités sportives, pratiquant jusqu’à près de 2 fois et demi plus que l’autre groupe. Mais cela ne se traduit pas par une différence du score de Beck par rapport au premier groupe (différence entre les deux groupes -0,54 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] : -3,06 à 1,99 ; p = 0,68). La prescription d’antidépresseurs n’est pas modifiée non plus par la pratique d’une activité physique (Odds Ratio 0,63 ; IC95 : 0,19 à 2,06, p = 0,44) et le nombre de patients dont le score de Beck revient inférieur à 10 (guérison) n’est pas significativement différent d’un groupe à l’autre. L’investigation a été poussée au delà des 4 premiers mois, jusqu’à 8 mois et 12 mois, sans qu’un bénéfice de l’activité physique n’apparaisse au fil du temps. Les auteurs ne désarment pas pour autant. Ils envisagent la possibilité de  résultats différents si les patients étaient incités à pratiquer une activité physique plus intense, mettant en jeu l’activité des opioïdes endogènes. Ils rappellent aussi que, efficace ou non sur le score de dépression, l’activité physique est de toutes façons utile pour tous les patients et notamment ceux qui souffrent d’obésité, de diabète ou de pathologie cardiovasculaire. Dr Roseline Péluchon 21/06/2012 Chalder M. et coll. : Facilitated physical activity as a treatment for depressed adults: randomised controlled trial. BMJ 2012; 344:e2758 doi: 10.1136/bmj.e2758

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Published by Chronimed - dans Concept
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