Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 21:33
Selon l'éditorialiste de The American Journal of Psychiatry, les recherches actuelles sur l'origine de la schizophrénie confirment « la convergence au niveau neuronal des approches en génétique et en biologie moléculaire» et soulignent « la grande complexité de cette maladie et l'échec d'une vision étiologique, calquée simplement sur son expression clinique. » Des travaux récents mettent ainsi en évidence un dysfonctionnement de la balance physiologique entre deux neuromédiateurs (l'acide gamma-aminobutyrique -ou GABA- et le glutamate) qui présente à son tour « des effets variés sur l'activité du cortex préfrontal dorsolatéral et sur la modulation de neurocircuits impliqués dans la schizophrénie. » Même si maints phénomènes complexes concernant les fonctions corticales demeurent encore inconnus, et même si nous devons considérer cette région cérébrale comme une « boîte noire », rappelle l'auteur, il est de toute façon établi que « les neurones glutaminergiques pyramidaux y détiennent un rôle-clef. » Et dans le cadre d'un programme d'investigations sur la schizophrénie (Consortium on the Genetics of Schizophrenia), les chercheurs ont remarqué des « associations entre 96 gènes et 12 traits neurocognitifs » observés dans cette psychose, traits dont plusieurs sont « fortement influencés par les fonctions frontales.»
En tenant compte de « 16 620 essais liés à l'analyse de 1 385 polymorphismes nucléotidiques simples (single-nucleotide polymorphisms, SNP) parmi ces 12 endophénotypes, une trentaine de SNP sont considérés comme significatifs (p < 0,001).» Et parmi la centaine de gènes « candidats » à un substratum génétique de la schizophrénie, 23 semblent effectivement impliqués, « beaucoup plus que sous le seul effet du hasard.» La plupart de ces gènes seraient engagés dans le fonctionnement des neurotransmetteurs GABA et glutamate. Cette approche des processus neurocognitifs par la biologie moléculaire est probablement « critique pour des maladies comme la schizophrénie», marquées par une « importante hétérogénéité génétique» et où « les allèles à risque peuvent résider sur différents gènes.» En attirant l'attention sur la neuromédiation glutaminergique, ce type de recherches lève le voile sur une part du « mystère de la schizophrénie» et suggère l'éventualité de nouvelles pistes thérapeutiques (qui cibleraient ces « voies frontales GABA/glutaminergiques»). En outre, ce changement de paradigme (où les données de la biologie moléculaire concurrencent l'approche clinique de la psychose) offre peut-être « une meilleure description de la schizophrénie » et semble représenter certains aspects de cette maladie « demeurant les plus réfractaires aux traitements» actuels.

Goldman D : Molecular etiologies of schizophrenia: are we almost there yet? Am J Psychiatry, 2011; 168: 879-881.

28/10/11
(JIM)
Dr Alain Cohen

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article

commentaires