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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 09:23
The American Journal of Psychiatry consacre un cas clinique aux caractéristiques du dessin chez une jeune patiente en phase de « récupération neuropsychiatrique » lors d’une encéphalite auto-immune à anticorps antirécepteurs-NMDA (N-méthyl-D-aspartate)[1]. Représentant environ 4 % des encéphalites (soit leur cinquième cause), ces affections se rencontrent en réanimation, souvent liées (deux fois sur trois) à une tumeur ovarienne, et donc plus fréquentes chez les filles. Liées à des anticorps dirigés contre des antigènes du système nerveux central (analogues à certains antigènes d’un tissu tumoral), ces encéphalites comportent généralement un épisode psychotique aigu (hallucinations, mouvements anormaux, troubles du comportement) et un aspect somatique (hypoventilation centrale) imposant une prise en charge en réanimation. Après une phase de récupération durant quelques mois, le pronostic neurologique est souvent favorable (trois fois sur quatre), avec un risque vital rare (environ 4% des cas). Exerçant au Département de Psychiatrie de l’Université de Maastricht (Pays-Bas), les auteurs comparent quatre dessins réalisés par une adolescente de 15 ans, hospitalisée en pédopsychiatrie pour une psychose aiguë. Dans un premier temps, « malgré un traitement neuroleptique adéquat », son état général et psychiatrique s’aggrave : agitation, confusion, insomnie, épuisement physique et convulsions. Après transfert dans une unité de soins intensifs, le bon diagnostic étiologique est effectué (encéphalite auto-immune), et un traitement approprié est instauré, associant corticoïdes, immunoglobulines et anticorps monoclonaux. Son état neuropsychiatrique est « apprécié quotidiennement par les observations cliniques et des échelles d’évaluation psychométrique », ce qui permet de mettre en parallèle l’évolution des dessins et du niveau de récupération cognitive. Pour le premier croquis où elle devait dessiner un chien, la jeune patiente ne savait même plus qu’il s’agit d’un « animal avec quatre pattes, une queue, deux oreilles, deux yeux, une bouche » et a crayonné à la place « une figure abstraite avec une tête et quatre pattes » censée être un chien, mais ressemblant davantage à un poussah (culbuto). Deux semaines plus tard, considérée comme « modérément malade » et atteinte d’une « déficience cognitive légère » (aux scores d’évaluations), la jeune fille dessine à nouveau un chien, « mieux reconnaissable » cette fois, mais lui donne un aspect « humain, debout, avec deux bras, quatre jambes et des couleurs vives », cette composition graphique ayant une allure globalement « chaotique et incohérente » pour l’image d’un chien. Deux mois plus tard, la malade convalescente est transférée dans un centre de rééducation où elle reçoit un traitement corticoïde et antidépresseur. Le dessin est alors « évocateur d’un animal pour la première fois, avec quatre pattes et bien proportionné, mais ressemblant davantage à un dessin fait par une enfant de l’école primaire que par une adolescente de 15 ans. » Et c’est seulement après cinq mois de rééducation, ne recevant plus de traitement, ayant « largement récupéré » et désormais « sans altération des fonctions corticales supérieures » que la jeune fille peut réaliser « un dessin normal. » [1]http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cepteur_NMDA Dr Alain Cohen 21/07/2013 Esseveld MM et coll. : Drawings during neuropsychiatric recovery from anti-NMDA receptor encephalitis. Am J. Psychiatry 2013 ; 170-1: 21–22.

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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