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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 07:47
Et si l’on recherchait le papillomavirus dans les urines ? 25/09/2014 La détection du HPV (Human Papillomavirus) paraît plus efficace que le frottis pour la prévention des lésions cervicales de haut grade et le cancer invasif. C’est ce qu’ont démontré plusieurs travaux récents, dont 4 essais randomisés contrôlés et une analyse poolée. La recherche de HPV au niveau cervical se heurte toutefois aux mêmes freins que le frottis pour une observance correcte : examen « invasif », nécessitant l’intervention d’un professionnel et prenant du temps. La recherche de HPV peut aussi être réalisée dans les urines, comme la détection de Chlamydia trachomatis ou Neisseria gonorrhea. Mais si la faisabilité de ce dépistage est attestée, les performances du test ne sont pas encore bien établies. Une revue systématique avec méta-analyse publiée récemment dans le British Medical Journal permet d’en savoir plus à ce sujet. Au total 14 études (1 443 patientes) ont été incluses, comparant la détection dans les urines de l’ADN du HPV à sa détection au niveau cervical. La méthode la plus souvent utilisée dans ces études est la recherche par PCR, réalisée sur les urines du premier jet. Pour le dépistage de tous les types de HPV, la sensibilité du test est de 87 % (intervalle de confiance à 95 % [IC] 78 % à 92 %) et sa spécificité de 94 % (IC : 82 % à 98 %). La détection d’un HPV à haut risque obtient une sensibilité de 77 % (IC : 68 % à 84 %) et une spécificité de 88 % (IC : 58 % à 97 %), et plus précisément pour les HPV 16 et 18, de 73 % (IC : 56 % à 86 %) et 98 % (IC : 91 % à 100 %). Les tests réalisés sur les urines du premier jet offrent de meilleures performances que ceux réalisés en milieu de miction ou de façon aléatoire. Ces performances laissent penser que la recherche de HPV dans les urines pourrait avantageusement remplacer son dépistage au niveau cervical. Deux résultats plus particulièrement en font un test intéressant : la spécificité élevée d’abord et le « likelihood » ratio pour un test positif, de 15 pour tous types de HPV et de 37 pour les HPV 16 et 18, ce qui signifie qu’un test positif a 15 fois plus de probabilité d’être observée chez une femme infectée que chez une femme non infectée et 37 fois plus quand il s’agit d’un HPV 16 ou 18. Ceci représente un élément majeur pour un test de dépistage qui doit éviter le plus possible les faux positifs à l’origine d’investigations inutiles. Les auteurs émettent toutefois quelques réserves au sujet de ces résultats. La première concerne la sensibilité du test, qui est inférieure à sa spécificité, et expose à un risque non négligeable de faux négatifs : un test négatif a seulement 7 fois plus de probabilité de correspondre à une femme non infectée qu’à une femme infectée. Ils notent d’autre part des variations importantes entre les différentes études considérées, dont l’origine paraît être la technique de recueil des urines. Avant que ce test puisse être introduit dans la pratique courante en tant que dépistage systématique, plusieurs questions devront avoir trouvé réponse : la bonne acceptabilité du test, la relation entre un test positif et un CIN (cervical intraepithelial neoplasia) ou un cancer invasif, la prise en charge des tests positifs et l’intervalle raisonnable entre deux tests négatifs. Pour le moment, seule la bonne acceptabilité du test a été démontrée, les autres éléments restent encore à préciser. Dr Roseline Péluchon Pathak N et coll. : Accuracy of urinary human papillomavirus testing for presence of cervical HPV: systematic review and meta-analysis. BMJ 2014; 349: g5264.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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