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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:26

des morphiniques s’accompagne d’une immunosuppression marquée, liée à une déplétion lymphocytaire et à une altération de la fonction lymphocytaire. 


Des pharmacologues américains ont étudié l’effet de la morphine sur le système immunitaire de la souris.

 

La morphine provoque une déplétion lymphocytaire, suivie d’une normalisation progressive des tissus lymphoïdes.

 

Des souris ont été traitées avec de la morphine et les lignées lymphocytaires B et T dans les tissus lymphoïdes ont été étudiées au cours du temps. Une analyse des effets de la morphine sur le développement des cellules T a également été effectuée ex vivo.

 

Même si la morphine peut provoquer une déplétion totale en cellules B et T, cette étude met en évidence que les populations de lymphocytes les plus sensibles à la morphine sont les précurseurs des lymphocytes B et T.

 

La production de corticostérone, induite par la morphine, semble la cause la plus probable de déplétion des précurseurs. La morphine n’affecte donc pas directement les cellules T, mais la production de corticostérone bloque l’expansion thymocytaire et la différenciation. Pour les lymphocytes mâtures, la déplétion n’est pas provoquée par la production de corticostéroïdes, mais serait liée à l’interaction entre les corticostéroïdes et le récepteur aux opioïdes μ.

 

Les mécanismes de recolonisation des organes lymphoïdes primaires et secondaires par les cellules B et T ont ensuite été déterminés.

Les populations de cellules B et T se normalisent par deux mécanismes : une prolifération accrue des précurseurs lymphoïdes des cellules B et T dans les organes lymphoïdes primaires et une prolifération homéostatique des cellules T périphériques mâtures dans les organes lymphoïdes secondaires.

 

Les cellules B se normalisent plus rapidement que les cellules T. De plus, l’étude révèle que les cellules T qui recolonisent les tissus lymphoïdes après déplétion ont un phénotype différent des cellules présentes avant le traitement.

 

Cette expérimentation menée chez la souris permet de comprendre les changements immunologiques observés chez les patients traités par des morphiniques. De nouvelles stratégies pourraient ainsi être développées pour limiter cet effet délétère de la morphine.



Dr. Estelle Deniaud Boüet Publié le 03/02/2012


Zhang EY et coll. : Depletion and recovery of lymphoid subsets following morphine administration.” Br J Pharmacol., 2011 ; 164 : 1829-1844.


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Published by Chronimed - dans Concept
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