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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 17:22
Sous la signature d'un praticien exerçant aux États-Unis (Université Harvard, Massachusetts) et de deux autres au Canada (Université de Toronto), un article évoque une perspective multifactorielle (et plus précisément « quadri-dimensionnelle») du développement des psychoses. Selon cette approche, on pourrait concevoir en effet un « modèle simplifié» comportant quatre axes principaux dans le déterminisme de ces maladies mentales dont l'impact affecte les individus et leurs familles et même toute la société, y compris du point de vue économique, d'où la volonté affichée par l'OMS de promouvoir la prévention en psychiatrie « au titre d'une priorité de santé publique». Ces quatre dimensions retenues par les auteurs sont :
1) L'existence de facteurs individuels : vulnérabilité héritée (par le biais des gènes ou/et d'éléments biographiques dans l'histoire familiale) ou liée à un habitus pathogène (addiction aux drogues, à l'alcool...).
2) La notion de facteurs de vulnérabilité d'ordre environnemental : habitat urbain, contexte socio-économique (chômage, difficultés financières, isolement, statut de migrant...).
3) L'interaction entre les deux types de critères précédents : certains facteurs d'environnement pourraient diminuer les taux de morbidité psychiatrique, soit en limitant l'impact effectif des facteurs individuels, soit en réduisant l'exposition du sujet à ces éléments. Par exemple, l'usage du cannabis peut augmenter le risque de psychose, mais sa disponibilité et son effet dépendent en grande partie du contexte : législation permissive ou répressive, concentration du produit en principe actif.
4) Le temps qui intervient de plusieurs façons : la période cumulée d'exposition aux différents facteurs de risque, la durée nécessaire pour que l'interaction entre les facteurs de risque individuels et environnementaux aboutisse à leur potentialisation pathogène, et l'existence de périodes sensibles dans le développement du cerveau où l'exposition à certains facteurs de risque peut se révéler plus importante (croissance, notamment).
Ce modèle a le mérite de rappeler le déterminisme complexe des maladies mentales et le caractère illusoire des conceptions trop réductrices, centrées sur un critère simpliste (comme « la mauvaise mère » ou « le mauvais gène » par exemple).

Dr Alain Cohen

Shah J et coll. The four dimensions: a model for the social aetiology of psychosis. Br J Psychiatry 2011; 199: 11-14.

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Published by Chronimed - dans Concept
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