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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 16:11
L’administration d’antipsychotiques (AP) atypiques chez des patients déments doublerait presque leur risque de mortalité. Quels sont les effets des AP chez les sujets entrant en institution avec une fracture de hanche, fréquemment compliquée d’un syndrome confusionnel ? Entre 2000 à 2007, 77 759 sujets de 65 ans et plus, bénéficiaires de Medicare ont quitté un service de soins aigus pour un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (11 119 EHPAD américains concernés) avec un diagnostic de fracture de hanche sans comorbidité. Le diagnostic de confusion éventuelle a été fait par une version du CAM (Confusion Assessment Method) adapté aux EHPAD, renseignée par 9 données du dossier médical. Les activités de la vie quotidienne (AVQ) et la prise d’AP dans les 7 jours précédant l’enquête ont été évaluées. Les hommes et les résidents cognitivement plus atteints se sont révélés plus à risque de prescription d’AP. Les résidents sous AP présentaient plus de difficultés dans les AVQ et recevaient davantage de médicaments. Une confusion ou un syndrome confusionnel incomplet ont été diagnostiqués chez environ 10 % des sujets de la cohorte. Cinq pour cent des sujets indemnes de signes de confusion recevaient un AP : leur risque de réhospitalisation et de décès était accru (odds ratio 1,28), leur durée de séjour augmentée, leur récupération fonctionnelle réduite, leur chance de réintégrer leur domicile diminuée de 32 %. Les différences d’évolution en fonction de la prise d’AP ou non s’estompaient avec l’augmentation du score de confusion. En cas de « sub syndrome », l’utilisation d’AP était associée avec une moindre probabilité de retour à domicile. Dans les confusions avérées l’évolution n’était pas influencée par l’administration d’AP : cette prise en charge ne procurait donc pas de bénéfice. Les modalités de l’étude n’ont n’a pas permis de déterminer si certaines molécules, dosages ou durées de traitement avaient un impact particulier et l’influence d’un état prédémentiel n’a pu être complètement exclue. Cependant, il semble que l’emploi d’AP est associé à une issue moins favorable chez les sujets institutionnalisés non confus souffrant d’une fracture de hanche. Le traitement par AP des sujets confus ne génère, lui, pas d’amélioration. La responsabilité des AP dans les conséquences néfastes constatées doit être précisée. Dr Anne Bourdieu Jung HY et coll. : Antipsychotic use in nursing home residents admitted with hip fracture. J Am Geriatr Soc., 2013; 61: 101-106

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Published by Chronimed
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