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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:27
Prévalence accrue du diabète chez la femme : les phtalates impliqués ? 05/10/2012 Aux États-Unis, selon les données 2011 des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la prévalence du diabète chez les femmes a doublé entre 1980 et 2010 (de 2,9 % à 5,9 %). Si l’augmentation de l’IMC est un déterminant majeur du risque de diabète de type 2 (DT2), l’implication d’autres facteurs est  suspectée dans la progression épidémique du DT2,  parmi lesquels les expositions environnementales aux agents chimiques perturbateurs endocriniens. Les phtalates sont ainsi  apparus dans différents travaux avoir un impact délétère sur l’adipogenèse et la régulation du métabolisme du glucose. Or les concentrations urinaires de certains métabolites des phtalates sont plus élevées chez les femmes que chez les hommes (peut-être en raison d’expositions plus nombreuses et fréquentes, via les cosmétiques notamment), ce qui a conduit des auteurs d’Harvard et des universités de Rochester et du Michigan à examiner les liens éventuels entre exposition aux phtalates et risque de diabète en population féminine. L’étude a été menée sur 2 350 femmes, âgées de 20 à 79 ans, ayant participé au National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) sur la période 2001-2008. Parmi ces femmes, non enceintes et indemnes de néphropathie, près de 9 % ont rapporté l’existence d’un diabète diagnostiqué par un médecin. L’analyse a pris en compte de nombreux facteurs potentiels de confusion (dont la créatiniurie, l’âge, l’ethnie, le niveau d’éducation, la pauvreté, l’IMC, le tour de taille, l’activité physique, les apports caloriques totaux, les apports totaux en graisses), le tabagisme). Après ajustements, elle associe, positivement, aux concentrations urinaires plus élevées de mono-n-butyl phtalate (MnBP), de mono-isobutyl phtalate (MiBP), de monobenzyl phtalate (MBzP), de mono-(3-carboxypropyl) phthalate (MCP) et de la somme de trois di-(2-éthylhexyl) phtalate (∑DEHP), une probabilité accrue de signalement d’un diabète, en comparaison de concentrations urinaires plus faibles de ces métabolites. Le risque de diabète rapporté était notamment presque doublé chez les femmes dont les concentrations urinaires de MnBP (Odds ratio = 1,96 : intervalle de confiance à 95 % : 1,11-3,47) et de MiBP (1,95 ; 0,99-3,85) se situaient dans les quartiles les plus élevés en comparaison des  quartiles de concentrations les plus faibles. Les concentrations urinaires de certains métabolites des phtalates ont été reliés aussi à la glycémie à jeun et à l’indice HOMA d’insulinorésistance :  aux concentrations urinaires plus fortes de MiBP étaient associée une médiane plus élevée d’HOMA-IR, en comparaison des concentrations les plus faibles de ce métabolite, et il en était de même pour les DEHP. C’est une nouvelle pierre qu’ajoute cette étude au jardin des effets nocifs des phtalates. Menée sur un échantillon représentatif de la population féminine non institutionnalisée des États-Unis, au sein du NHANES, elle met en évidence une association entre prévalence du diabète rapporté (sans distinction entre diabètes de type 1 et de type 2) et les concentrations urinaires de divers métabolites des phtalates, prises comme indicateur d’exposition à ces agents. Elle suggère des liens, à démêler, entre concentrations urinaires des métabolites des phtalates, glycémie et insulinorésistance. La causalité des relations observées, dans cette étude transversale, reste à démontrer, les mécanismes qui les sous-tendent (notamment via la capacité de liaison des phtalates au PPAR-gamma (peroxisome proliferator-activated receptor-gamma) sont à préciser, et l’impact de la réduction des expositions aux phtalates sur le risque de diabète à évaluer. Dr Julie Perrot James-Todd et coll. : Urinary phthalates metabolite concentrations and diabetes among women in the National Health and Nurition Examination Survey. Environ Health Perspect 2012 ; 120 : 1307-15.

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Published by Chronimed - dans Nutrition
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